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Patrimoine Trésors et curiosités du Fonds Patrimonial Bibliothèque d'Alphonse Denis : Ka Palapala Hemolele a Iehova ko kakou Akua

Bibliothèque d'Alphonse Denis : Ka Palapala Hemolele a Iehova ko kakou Akua

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En 1778, à la recherche d'un passage reliant l'Océan Pacifique et l'Océan Atlantique, le navigateur anglais James Cook est le premier européen à accoster sur l'archipel d'Hawaii. Il y découvre une langue parlée nulle part ailleurs, distincte du marquisien et du tahitien - autres langues utilisées en Polynésie.

 

 

A l'époque, si les missions d'exploration ont initialement une visée scientifique, territoriale et économique, elles se doublent toujours - inévitablement - d'une composante religieuse : l'homme occidental apporte dans ses "bagages" sa religion dont il considère qu'il est de son devoir de répandre au même titre que sa culture qu'il juge supérieure aux cultures indigènes qu'il découvre au gré de ses explorations.

Pendant les premières années qui suivent leur découverte, les "Iles Sandwich" (ainsi baptisées par Cook en hommage au Lord Sandwich qui a financé l'expédition) et leurs habitants voient régulièrement débarquer des missions d'exploration - anglaises, françaises, allemandes, russes... -  en provenance du Vieux Continent ou de leurs colonies plus proches. Afin de faciliter leurs missions commerciales ou scientifiques, ces pionniers tentent d'importer leurs langues mais aussi de comprendre un idiome qui est resté isolé du reste du monde pendant près de huit siècles. Les bases d'une langue écrite sont posées, limitées dans un premier temps au mots et noms recueillis par les explorateurs et les négociants. Dans le même temps, de jeunes hommes natifs de l'archipel sont envoyés en Nouvelle-Angleterre à la Foreign Mission School de Cornwall pour y être convertis au christianisme, éduqués, apprendre l'anglais et formés à la prédication de leur nouvelle foi. C'est ainsi que furent initiés les premiers travaux de normalisation et de standardisation de l'alphabet et de l'orthographe de l'hawaïen.

 

 

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Page de titre de l'Ancien Testament

 

En 1820, la mission s'installe dans l'archipel et poursuit son travail linguistique, préalable indispensable à la conversion des Hawaïens au christianisme par le biais de prêches dans leur langue natale. En 1826, les missionnaires, assistés de locuteurs autochtones, finalisent un alphabet pour l'hawaïen (qui ne contient que douze lettres : A, E, I, O, U, H, K, L, M, N, P et W) et entreprennent l'alphabétisation des populations autochtones. Dès 1827, divers fragments de la Bible sont ainsi traduits et publiés en hawaïen ; il faut attendre 1838 - soixante ans après le débarquement de Cook - pour que soit disponible une version complète de la Bible. Composée de la première édition en deux volumes de l'Ancien Testament parue la même année et de la deuxième édition du Nouveau Testament parue en 1837, cette Bible complète est l'oeuvre de Hiram Bingham (1879-1869), le premier missionnaire protestant à s'installer dans l'archipel. Bien que constituée de trois "livres", cette Bible a le plus souvent été reliée en un seul volume fort épais, si bien que les Hawaïens l'appelaient "Ka Buke Poepoe" : le gros livre. 

 

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Première page de la Genèse

 

 

L'histoire ne nous dit - malheureusement - pas comment cette première édition en hawaïen de la Bible a rejoint les étagères de la bibliothèque d'Alphonse Denis. Peut-être la tenait-il de son frère Ferdinand Denis (1798-1890) qui fut voyageur, écrivain, historien et conservateur puis administrateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris et qui - au fait de son goût prononcé pour les ouvrages rares - lui faisait régulièrement parvenir des livres. Quoiqu'il en soit de cette hypothèse, Ka Buke Poepoe est aujourd'hui conservé par la Médiathèque et constitue le seul livre en hawaïen présent dans ses collections.

 

[La Bible en hawaïen]. Ka Palapala Hemolele a Iehova ko kakou Akua. O ke kauoha kahiko i unuhiia mai ka olelo Hebera.
Oahu: Na na misionari i pai, 1838.
[suivie de]: Ke Kauoha hou a ko kakou haku e ola’i, a Iesu Kristo.
Honolulu: ka na misionari mea pai, 1837.

Cote A 66