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Grand Public Coups de coeur L'art, la musique et la danse : lettres, écrits, entretiens de Sergei Diaghilev

L'art, la musique et la danse : lettres, écrits, entretiens de Sergei Diaghilev

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Moins connu que les artistes qu'il a mis sous le feu des projecteurs (Nijinski, Stravinsky), Sergei Diaghilev a profondément modifié les habitudes culturelles de Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle.

 

 

diaghilev2Massif et affublé de son haut-de-forme, licencié de droit, indépendant financièrement, à la fois impresario – qui refuse qu'on l’appelle ainsi, préférant qu’on lui dise « mécène » – et féroce critique d’art et de spectacle, Diaghilev ne tient pas en place. Il s'est fait connaître dans le monde de l’art russe en multipliant les expositions dans un souci d'avant-garde et de renouveau. Car ce familier de Tolstoï et de Rimski-Korsakov est un visionnaire en quête de nouvelles voies.

Depuis quelques années, les ballets que propose l'illustre théâtre Mariinsky touchent moins le public et nombre de danseurs sont mécontents de l'aspect poussiéreux de l'institution. Emmené par le chorégraphe Mikhaïl Fokine, un petit groupe fait dissidence au sein du théâtre et souhaite bouleverser les codes de la danse classique russe. C'est dans ce but que le groupe monte Le Pavillon d’Armide. Diaghilev est présent le soir de la première et il en sort subjugué. Tout est parfait selon lui : somptueux décors et costumes de Benois, musique aventureuse de Tcherepnine, incroyable danse de Nijinski...

C'est surtout que ce qu'il voit ce soir-là correspond à un projet auquel il pense depuis un moment : monter une compagnie typiquement russe qui proposerait des ballets proposant tout ce que l’art peut offrir de meilleur (musique, danse, décors, costumes…). Pour Diaghilev, le pluridisciplinaire est l’avenir de l'art. Le projet lui accapare l'esprit, mais il ne sait pas encore comment le mettre en place. En attendant, il s’en va monter Boris Godounov à l’Opéra de Paris. C'est une réussite. Puis il enchaîne avec des « concerts russes » au Théâtre du Châtelet qui rencontrent tous le succès. Les Français sont friands d’exotisme russe. Alors il décide d'y faire jouer Le Pavillon d’Armide. Il embauche les meilleurs danseurs du Mariinsky afin de créer une nouvelle compagnie : Les Ballets russes.

diaghilev3Quelle est l'idée ? De la bouche de Diaghilev, il faut justement oublier l’idée. L’idée doit être supplantée par la nature. Il s'agit de trouver un art au moyen duquel toute la complexité de la vie, tous les sentiments et les passions s’expriment en dehors des mots et des concepts, de manière non pas rationnelle, mais spontanée, évidente. Le souhait est de poursuivre ce que la danseuse américaine Isadora Duncan a commencé. L’aspect révolutionnaire de la compagnie doit autant s’exprimer dans la danse que dans les décors et les costumes. Diaghilev cherche une synthèse des arts par le biais de l’interdisciplinarité. Les peintres passeront de la toile à la scène où une nouvelle musique et un nouveau système chorégraphique et visuel seront proposés.

De Paris à Londres, de Lyon à Vienne, en passant par l'Argentine et Monte-Carlo (où s'installe la compagnie), Les Ballets russes enchaînent les succès. Puis, sous l'impulsion de Nijinski, de plus en plus présent au sein de la compagnie – premier danseur, chorégraphe depuis l'éviction de Fokine –, les codes de la danse classique explosent avec des pièces telles que L'après-midi d'un Faune (1912) ou Le sacre du printemps (1913). Cette dernière, la plus connue, suscite un scandale sans précédent : si la chorégraphie, jugée grossière, à des années lumières du « Beau », est controversée, c'est aussi la musique de Stravinsky, trop dissonante, qui attire la colère des spectateurs.

Diaghilev, en parfait chef de bande, se félicite de la situation et utilise la querelle engendrée par Le Sacre pour promouvoir sa troupe, mettre en avant sa modernité. C'est cette aventure que couvre L'art, la musique et la danse : lettres, écrits, entretiens, ouvrage dans lequel le savoir-faire et l'audace de Diaghilev apparaissent à chaque ligne. Un livre qui explique comment Les Ballets russes et ses protagonistes sont entrer dans l'histoire.