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Jeunesse Coups de coeur Prières de Jean-François Chabas

Prières de Jean-François Chabas

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Un roman fort, d'une humanité bouleversante. Terrible dans sa réalité, poignant par la sincérité des personnages, et qui laisse sa part à l'humour. À réserver aux "grands" ados !

 

prieres2Quatre personnages. Aucun lien entre eux ; ni dans l'espace, ni dans le temps, ni l'âge.

Amine, 9 ans aux premières pages du livre, quand débute la guerre au Liban. 21 ans à la fin du roman. Victime de cette guerre, il exhorte la « Vierge » à adhérer à sa soif de vengeance : « Je suis un guerrier de Dieu... rendez mes tirs sûrs et rapides Vierge Marie... ». On assiste à la montée de la haine (« Ces minables... des simples d'esprit, bornés. À peine au-dessus des animaux. »), à la violence aveugle (« Je serai bientôt votre bras armé, comme St Georges qui combat le dragon... »)

Dolores, elle, est dans l'acceptation, même si la protection de « Notre Père », sous les auspices duquel elle se place, lui semble parfois insuffisante pour supporter la souffrance due au deuil et à la misère : « Il faudrait que le maïs nourrisse notre corps... nous avons besoin de pluie, envoyez-nous de l'eau, humblement je vous en prie Notre Père ». Mais elle ne se plaint pas, Dolores, elle questionne, ne comprend pas toujours : « Ce sont les armes qui décident, et pourtant on a jamais nourri personne avec des balles de pistolet. » C'est une femme de volonté. Elle a en elle beaucoup d'amour et d'indulgence : « Vos enfants sont turbulents. Très humblement, je vous demande de veiller sur nous, qui ne sommes pas méchants. »

Jack. Jeune homme écossais, entretient une conversation (à sens unique) très familière avec St Pierre (patron des pêcheurs), avec qui il plaisante ou se dispute, selon la pêche du jour, ou l'accueil que lui fait à son retour de mer la difficile Alba, son « amoureuse » : « Merci St Pierre. Oooh, oui. Merci. Aujourd'hui j'ai 18 ans. C'est mon anniversaire. Je suppose que c'est pour ça que vous m'avez à moitié scalpé... Il faudra penser à faire mieux, et vite. Déjà qu'on avait pas de poisson... Je n'arrive pas à trouver les bonnes insultes et ça risque d'aller trop loin et je ne peux pas, vu que vous êtes quand même un saint. » « Aidez-moi à faire un choix pas trop merdique. Non, c'est idiot, le choix est fait. Aidez-moi à garder Alba. En attendant ça suffira. Amen. »

Prosper Lesage, 67 ans. Haïti. 30 ans de règne d'une dictature assassine. Père, mère et fils, les Duvalier ont rivalisé de cruauté. Prosper erre dans la ville, perdu, déboussolé, complètement abattu. Il cherche son sang (sa famille), avec l'aide de Dieu : « Où est ma famille ? Dieu, où est mon sang.» « J''aime les roses. Je leur parle, je leur parle ! Les roses comprennent. »

Chacun d'eux entretient un lien qui l'aide à vivre ; chacun converse en ses termes et à sa manière. Et tous sont différents. Mais c'est une même question que l'on devine et dans laquelle ils se rejoignent : comment Dieu peut-il laisser faire cela ?

« Notre Père, est-ce que nous avons commis un acte mauvais, pour recevoir cette averse de grêle ?... Osvado dit que Dieu nous laisse libre d'accomplir le bien et le mal, je veux bien croire ça. Mais est-ce que vous, vous jouez nos désastres au dés ? Est-ce que... est-ce que nous sommes à la merci de vos caprices ? » « Dieu... vous avez de bonnes raisons, n'est-ce pas, pour nous envoyer ces tourments... » « Nous étions si tranquilles avant la guerre. »

 

Crédit photographique : François Bourru / L'École des loisirs