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Grand Public Coups de coeur L'écrivain qui ne voulait pas exister... Elena Ferrante

L'écrivain qui ne voulait pas exister... Elena Ferrante

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Jusqu'au mois d'octobre 2016, personne ne sait ou ne savait qui est ou était Elena Ferrante. Une certitude, Elena Ferrante est un pseudonyme d'une ou d'un écrivain italien.

Jusqu'à présent, personne n'était sensée avoir interrogé, avoir rencontré, avoir vu, cet écrivain. Ce qui est un comble dans notre société où, comme chacun sait, tout se doit d'être à l'avant-scène. Par « personne », nous entendons les journalistes comme le grand public. Et pourtant, elle a été lue et même beaucoup lue et de plus en plus lue.

 

Ferrante2Elena Ferrante est devenue un phénomène d'édition.

 

Ses livres sont vendus et traduits dans plus de trente langues. Non pas qu'elle atteigne les tirages prodigieux d'un James Patterson, l'écrivain le plus riche du monde, qui en plus d'être écrivain est une sorte de Napoléon de la stratégie marketing et publicitaire, ceci expliquant cela. James Patterson, cet écrivain qui publie jusqu'à cinq bouquins par an, non, James Patterson existe, Elena Ferrante n'existe pas, mais qui écrit vraiment leurs livres ? Celui qui est photographié sous toutes les coutures, dont on demande ses secrets d'écriture, qui s'affiche dans les journaux, ou bien, celle qui se planque sous un pseudonyme et qui déclare : « Je ne déteste pas les mensonges, dans la vie je les trouve plutôt sains et de temps en temps je m’en sers pour me protéger de l’extérieur » ou « Je crois que les livres, une fois écrits, n'ont plus besoin de leur auteur. Je vous épargnerai donc ma présence. Et si mon livre vaut quelque chose, ce sera suffisant. »

 

Mais voilà, le mystère Elena Ferrante attise, suscite, provoque l'intérêt pour ses livres. N'est-ce pas l'explication donnée dans le Monde ou L'Obs, je ne sais plus, pour justifier cet étrange et singulier besoin d'anonymat. Se pose-t-on la question : est-ce un refus des louanges ? Immédiatement nous vient à l'esprit l'une des maximes les plus usées de La Rochefoucauld : « Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois. » Mais, moins connue, une autre maxime parait plus appropriée : « La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief. »

 

Ferrante3Et puis, scoop ! Un journaliste consciencieux, adepte de la toute transparence, à moins que ce ne soit du scoop en soi, a enquêté. Lui, s'appelle Claudio Gatti. Nom révélateur, le chat a trouvé sa souris. Détective, non pas à la recherche d'un criminel, non pas d'un voleur, d'un délinquant en cavale, mais en quête d'un auteur inconnu coupable de cacher son identité. Claudio Gatti aurait donc trouvé la « véritable » identité d'Elena Ferrante. Quelles sont les preuves ? L'argent. Elena Ferrante est publiée par la maison d'édition Edizioni e/o. Depuis le succès planétaire de la saga napolitaine d'Elena Ferrante, les sous pleuvent et la nappe phréatique est pleine avec presque 8 millions d'euros engrangés. Or, parmi tous les salariés de cette maison d'édition, il y a une employée originaire de Naples dont le salaire aurait été augmenté dans les mêmes proportions. Elena s'appellerait Anita, Ferrante se nommerait en réalité Raja. Les plus curieux trouveront sa photo française en pleine page dans Mediapart, sa photo allemande dans Frankfurter Allgemeine Zeitung et sa photo américaine dans The New York Review of Books. Las.

 

« Ne jamais être soi-même, et pourtant l’être toujours, c’est le problème » disait Virginia Woolf en parlant de la condition de l'écrivain. Le mystère est dévoilé. La seule certitude. Le pseudonyme d'Elena Ferrante est un hommage à Elsa Morante, compagne d'Alberto Moravia, mais surtout une romancière italienne de premier plan. C'est Elena Ferrante supposée Anita Raja, qui l'avait déclaré dans ses quelques rares entretiens écrits. Elsa Morante, qui a tant souffert dans sa chair, est morte en 1985. Elena est toujours là, souhaitons au pseudonyme longue vie.


Œuvre d'Elena Ferrante
"L'Amour harcelant", 1992, roman.
"Les Jours de mon abandon", 2002, roman.
La frantumaglia, 2003, réédition 2016, essai.
"Poupée volée", 2006, roman.
"Cronache del mal d'amore" (Chronique du mal d'amour, non traduit en français), 2012, roman.
Cycle napolitain :
"L'Amie prodigieuse", 2011, roman.
"Le Nouveau Nom", 2012, roman.
"Celle qui fuit et celle qui reste", 2013, roman.
"L'enfant perdu", 2014, roman.

Œuvre d'Elsa Morante
"Mensonge et Sortilège", 1948, roman.
"L'Île d'Arturo", 1957, roman.
"L’Évangile selon saint Mathieu" de Pier Paolo Pasolini, 1964, contribution.
"La storia", 1974, roman.
"Aracoeli", 1982, roman. Prix Médicis du livre étranger.
"Donna Amalia", posthume.
"La Grand-mère", posthume.
"Le Jeu secret", posthume.

Œuvre de James Patterson
Plusieurs centaines de livres ont été édités sous le nom de James Patterson. Une quarantaine sont disponibles à la Médiathèque...