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Un jour, un poème : "Fungi de Yuggoth" de Lovecraft

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 Howard Phillips LOVECRAFT (1890-1937)

Un jour, un poème : c'est un poème que l'on peut lire ou écouter pour rêver, penser, appréhender le monde et l'existence, en toute simplicité, ni prétention aucune, juste le plaisir des mots. Découvrons ou rédecouvrons la poésie anxiogène et horrifique de H.P. Lovecraft .

Howard Phillips Lovecraft est un écrivain américain unanimement reconnu pour ses romans et ses nouvelles mélangeant avec brio horreur, fantastique et science-fiction. Ses récits évoquent une horreur cosmique avec tout un panthéon : les Grands Anciens (une dizaine de créatures gigantesques et prisonnières sur Terre pour certaines qui attendent leur heure pour reconquérir le monde). Le Grand Ancien le plus connu est Cthulhu ( à prononcer Ktoulou ). La créature est immense, avec une tête de poulpe, des tentacules et des ailes de dragon. Cthulhu dort et rêve dans sa cité engloutie de R'lyeh, à la géométrie non-euclidienne. Il est vénéré par des humains mutants et dégénérés qui l'invoquent et espèrent son imminent retour tout en psalmodiant des phrases incompréhensibles : "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn !" ce qui pourrait être traduit par : "Dans sa demeure de R'lyeh la morte, Cthulhu rêve et attend !".

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 Chtulhu vu par Michael Komarck

L'auteur est, de même, l'inventeur de lieux imaginaires avec les villes d'Arkham, Dunwich et Innsmouth où se déroulent les récits d'épouvante créés par le maître. Il est vraiment le bâtisseur de toute une géographie de l'horreur bien détaillée avec les plans des villes . L'univers et les mythes sont développés dans le monde contemporain du romancier soit les années 1920 et 1930 dans la Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis. Au niveau de la psychologie des personnages, les héros découvrent toute l'horreur de cette menace sourde et rampante pleine de tentacules et de monstres difformes, et restent écrasés par le poids de la vérité. Ils se rendent compte de la petitesse et de l'insignifiance de l'humanité face à des forces surnaturelles sombres et puissantes, prêtes à les balayer d'un revers de la main. Leur seul refuge, leur seul échappatoire face à cette adversité reste la folie ou la mort. D'ailleurs la déraison et la maladie mentale sont des thèmes qui reviennent très souvent dans les oeuvres de Lovecraft.

Même si "le plus grand artisan du récit classique d'horreur du vingtième siècle", comme l'appelle Stephen King, est essentiellement un écrivain, Lovecraft s'est aussi essayé à la poésie. Ce recueil de poèmes "Fungi de Yuggoth", moins connu par rapport à son oeuvre majeure (romans, nouvelles et écrits épistolaires), a été écrit entre le 27 décembre 1929 et le 4 janvier 1930. Sa poésie est toujours centrée sur le mythe des Grands Anciens qu'il a élaboré. Une poésie pleine d'inquiétude, de folie, de cités cyclopéennes, de sombres et anxiogènes créatures, de vieux livres poussièreux aux savoirs interdits. Enfin, le titre "Fungi de Yuggoth" fait réfèrence aux habitants de la planète Yuggoth (Pluton, planète découverte en 1930), les Fungis, qui "sont des créatures rosâtres d’environ cinq pieds de long ; leur corps crustacéen porte une paire de vastes nageoires dorsales ou d’ailes membraneuses, et plusieurs groupes de membres articulés ; une espèce d’ellipsoïde couvert d’une multitude de courtes antennes leur tient lieu de tête.", déjà décrits dans la nouvelle "Celui qui chuchotait dans les ténèbres".

La version de "Fungi de Yuggoth" que nous vous proposons a été traduite par Benoît Vézinaud et elle est disponible en livre numérique sur le site https://www.ebooksgratuits.com/ . Vous pouvez récupérer l'ouvrage en le téléchargeant gratuitement et légalement au format PDF en cliquant sur ce lien

 

Le recueil de poésie "Fungi de Yuggoth" à ecouter : (Chaîne Youtube "Howard p. Lovecraft" )

 

https://www.youtube.com/watch?v=W0Swfv8AzZo

 

Les 6 premiers poèmes du recueil "Fungi de Yuggoth" à lire :

01 Le livre

L’endroit était sombre poussiéreux et à demi abandonné

Dans le dédale des vieilles allées près des quais

Regroupant d’étranges choses rapportées de la mer

Et des lambeaux de brumes apportées par le vent de l’ouest,

Petits losanges vitrés, obscurcis par la fumée et le givre

Que des livres entassés, empilés tels des arbres tordus

Accumulés du sol au plafond – des tas

Croulants d’anciennes camelotes à bas prix.

Je suis entré charmé, et d’un amas de toiles d’araignées

Je tirai le plus proche tome et le pris en main

Tremblant devant ces curieux mots semblant garder

Quelque secret, monstrueux si un seul le savait.

Puis, cherchant quelque vieux vendeur en cette boutique

Je ne pus rien trouver qu’une voix qui riait.

 

02 Poursuite

Je tenais le livre serré sous ma veste, avec peine

Pour cacher cette chose en un tel lieu

À travers les anciennes lignes portuaires

Et tournant la tête et d’un pas nerveux

Devant de ternes et furtives fenêtres dans de vieux murs en briques

Par lesquelles de curieux regards me firent me hâter,

Et la pensée de ce qu’elles abritaient me rendit malade

Et seule la vue d’un coin de ciel bleu propre me soulageait.

Personne ne m’avait vu prendre la chose – mais restait

Un blanc rire roulant dans ma tête tournoyante

Et je pouvais imaginer ce que cachaient ces mots malades

M’accrochant au volume que j’avais dérobé,

Le chemin se fit étrange – et les murs aussi et folie,

Et loin derrière moi, des pas invisibles se firent entendre.

 

03 La clef

Je ne savais pas comment m’en sortir entre les piles de déchets

De ces étranges lignes du bord de mer qui me ramenèrent à la maison une fois encore

Mais arrivant sous mon porche, je tremblai de blanche précipitation

Pour me jeter à l’intérieur et traverser la lourde porte,

J’avais le livre qui contenait le secret passage,

Par-delà le tourbillon et au travers les frontières des espaces suspendus

Qui tenaient les mondes non dimensionnés à distance

Et gardaient les ères perdues dans leurs demeures.

Au final, la clef était à moi qui m’amènerait à des visions floues

De flèches solaires et de bois crépusculaires et couverts,

Sis dans des golfes au-delà des occupations de cette Terre

Là où se tapissent les mémoires de l’infini

La clé était mienne, mais je me suis assis là marmonnant

La fenêtre du grenier s’agita en un léger mouvement.

 

04 Reconnaissance

Le jour revint à nouveau, et comme un enfant

Je regardai – juste une fois – les bouquets de vieux chênes

Gris enveloppés de brumes s’attachant à leurs racines

Les formes rampantes que la folie a souillées

C’étaient les mêmes – une plage d’herbages sauvages

S’accroche autour d’un autel sculpté dont le signe invoque

Celui qui n’a pas de nom parmi les mille fumées,

Roses, ères perdues, depuis les ruines entassées des tours.

Je vis le corps sortir de cette pierre humide

Et connus les choses qui festoyaient quand il n’y avait pas encore d’hommes,

Je connus cet étrange monde gris qui n’était pas le mien

Mais Yuggoth, passé les tourbillons étoilés – et alors

Le corps hurla après moi avec son cri mort,

Et bien trop tard, je sus que c’était moi !

 

05 Retour au foyer

Le démon dit qu’il voulait me ramener à la maison

Au pâle et sombre pays que je reconnus à moitié,

Comme une haute place d’étages et de terrasses emmurées

Avec des balustrades de marbre, creuses ouvertes aux vents des cieux

Dont les miles au-dessous formaient un labyrinthe de dômes s’entassant

Et de tours les unes sur les autres dominant une mer s’étalant,

Une fois encore, il me dit, je veux rester fasciné

Sous ces vieilles hauteurs, et écouter les écumes du lointain.

Tout cela, il me le promit, et au travers des ponts de lumière solaire

Il me balaya, passant les clapotis de lacs enflammés

Et les trônes d’or rougis des dieux sans nom

Qui criaient de peur au vu d’un destin imminent

Alors un golfe noir peuplé des sons de la mer dans la nuit :

« Ici est ta maison, se moqua-t-il, quand tu recevais la vue ! »

 

06 La lampe

Nous trouvâmes la lampe dans ces falaises creuses

Elle était ciselée de signes que les prieurs de Thèbes pouvaient lire

Et ces hiéroglyphes provenant d’effrayantes cavernes

Avertissaient toute créature vivante des races de la terre.

Plus rien n’était là – juste cet effronté bol

Avec de curieuses traces d’huile dedans

Couvert d’obscurs motifs s’enroulant

Et de symboles évoquant vaguement d’étranges péchés.

Résumant les peurs de quarante siècles

Que nous emportions comme un mince butin

Et quand nous l’observâmes dans notre tente enténébrée

Nous conçûmes un procédé pour tester l’huile antique,

Elle brûla – grand Dieu !… Et que les vastes formes que nous vîmes

Dans cette folle vasque portèrent nos vies dans la crainte.

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illustration d'un Fungi de la planète Yuggoth

 

Vous avez aimez ces quelques poèmes ou le recueil entier ?

Vous serez sûrement intéressés par l'univers fantastique créé par l'auteur :

Cliquez sur le titre du livre ou du document pour savoir s'il est sorti ou non

 

 lovecraft

 Quelques liens Internet pour en savoir plus :

http://www.denis-editions.com/editions/editions_howard_phillips_lovecraft_yuggoth_page.html

https://fr.ulule.com/fungi-yuggoth/

https://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php?auteur=Lovecraft_Howard%20Phillips

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yuggoth

https://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Phillips_Lovecraft

http://www.babelio.com/livres/Lovecraft-Fungi-de-Yuggoth--Et-autres-poemes-fantastiques/438606

http://www.hplovecraft.com/writings/texts/poetry/p289.aspx

 

 

Crédit photographique : http://www.komarckart.com/