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Un jour, un poème : "Madrid" d'Alfred de Musset

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AVT Alfred de Musset 4758

 Alfred de Musset (1810-1857)

Un jour, un poème : c'est un poème que l'on peut lire ou écouter pour rêver, penser, appréhender le monde et l'existence, en toute simplicité, ni prétention aucune, juste le plaisir des mots. Découvrons ou rédecouvrons "Madrid" d'Alfred de Musset.

Alfred de Musset est un poète et dramaturge français de la période romantique du 19ème siècle. Après de brillantes études mais une adolescence de dandy dissipé, il entre au Cénacle romantique de Victor Hugo et l'Arsenal de Charles Nodier en 1828. Il va y rencontrer  tous les grands auteurs de son temps. Sainte-Beuve, Mérimée, Théophile Gautier et Delacroix le connaissent et deviennent ses amis. Malgré cela, il mène alors une vie dissolue, s’adonnant à l’alcool, à la débauche, aux plaisirs et au jeux de hasard. Et, pourtant, il publie en 1829, à l'âge de dix-neuf ans, Contes d'Espagne et d'Italie, son premier recueil poétique qui remporte un franc succès. En 1830 il donne à l'Odéon La Nuit vénitienne sa pièce de théâtre mais subit un échec cuisant qui le dégoûte du théâtre mais non de l'écriture dramatique. Il écrit donc des pièces en toute liberté uniquement destinées à la lecture. En 1833 il entame une relation amoureuse et tumultueuse avec George Sand et part pour l'Italie. C'est à cette période et jusqu'à 1837 que naissent les plus belles oeuvres de Musset avec notamment les pièces de théâtre : Les Caprices de Marianne, Fantasio, On ne Badine pas avec l'Amour, Lorenzaccio, le Chandelier, Il ne faut jurer de rien, Un caprice. Malgré son caractère passionné, l'homme reste fragilisé et blessé par sa rupture d'avec George Sand en 1835. Entre angélisme et dépravation, les oeuvres de Musset font de lui un auteur romantique à part. Mais, le poète et dramaturge conserve un certain classicisme littéraire non dénué d'ironie. Dès 1839, à même pas 30 ans, sa production baisse très sensiblement. Et sa santé se détériore, son état dépressif s'accentue de jour en jour. En 1847, il trouve enfin le succès dramaturgique avec la représentation de sa pièce Un caprice à la Comédie Française. Il est élu à l'Académie française en 1852. Il écrit des pièces de commande pour Napoléon III. Mais sa santé se dégrade encore gravement avec son alcoolisme et Alfred de Musset meurt à 46 ans, le 2 mai 1857 : il est enterré dans la plus grande discrétion au Cimetière du Père-Lachaise. L'essence même de l'oeuvre de Musset démontre une extrême sensibilité, raconte des amours exaltées (portées aux nues) et douloureuses car entachées de trahison, mais s'interroge aussi sur la pureté et la débauche. Le poème Madrid ,ici présenté, fait partie du recueil Premières poésies paru en 1829. Alfred de Musset utilise un procédé très particulier pour décrire Madrid. Il parle de cette ville à travers les yeux d’une femme sublimée et sensuelle et en fait donc une analogie évidente.

 

 Un texte à ecouter : (Chaîne Youtube de lecture de poésie "Yvon Jean")

 

https://www.youtube.com/watch?v=3FsmUTRK5Dg

 

Un texte à lire :

Madrid, princesse des Espagnes,
Il court par tes mille campagnes
Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs.
La blanche ville aux sérénades,
Il passe par tes promenades
Bien des petits pieds tous les soirs.

Madrid, quand tes taureaux bondissent,
Bien des mains blanches applaudissent,
Bien des écharpes sont en jeux.
Par tes belles nuits étoilées,
Bien des senoras long voilées
Descendent tes escaliers bleus.

Madrid, Madrid, moi, je me raille
De tes dames à fine taille
Qui chaussent l'escarpin étroit ;
Car j'en sais une par le monde
Que jamais ni brune ni blonde
N'ont valu le bout de son doigt !

J'en sais une, et certes la duègne
Qui la surveille et qui la peigne
N'ouvre sa fenêtre qu'à moi ;
Certes, qui veut qu'on le redresse,
N'a qu'à l'approcher à la messe,
Fût-ce l'archevêque ou le roi.

Car c'est ma princesse andalouse !
Mon amoureuse ! ma jalouse !
Ma belle veuve au long réseau !
C'est un vrai démon ! c'est un ange !
Elle est jaune, comme une orange,
Elle est vive comme un oiseau !

Oh ! quand sur ma bouche idolâtre
Elle se pâme, la folâtre,
Il faut voir, dans nos grands combats,
Ce corps si souple et si fragile,
Ainsi qu'une couleuvre agile,
Fuir et glisser entre mes bras !

Or si d'aventure on s'enquête
Qui m'a valu telle conquête,
C'est l'allure de mon cheval,
Un compliment sur sa mantille,
Puis des bonbons à la vanille
Par un beau soir de carnaval.

 

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Alfred Musset 2

Alfred de Musset. Dessin de Diogène Maillart (1840-1926)

 

Quelques liens Internet sur Musset et sa poésie pour en savoir plus :

http://www.bacdefrancais.net/biomusset.htm

https://www.poesie.net/musset2.htm

http://www.cvr.fr/musset/doc/vie-oeuvre.pdf

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_musset/alfred_de_musset.html

https://www.lesvoixdelapoesie.com/poemes/poetes/alfred-de-musset

http://www.eternels-eclairs.fr/poemes-musset.php

http://www.poesie-francaise.fr/poemes-alfred-de-musset/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_de_Musset

http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/musset-alfred-de