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Patrimoine Trésors et curiosités du Fonds Patrimonial Colloques d'Erasme fort curieusement Traduits de Latin en François

Colloques d'Erasme fort curieusement Traduits de Latin en François

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BibDenis

Succès public et parfait condensé de l'esprit humaniste d’Érasme, les Colloques connurent plusieurs éditions. Celle que possède la médiathèque, Colloques d'Erasme fort curieusement Traduits de Latin en François. Pour l'usage des amateurs de la langue (1653), est pour le moins singulière.

 

 

Après une vie monastique où il accumule un savoir encyclopédique, Érasme (vers 1469 à Rotterdam – 1536 à Bâle) est nommé prêtre à vingt-cinq ans et se sent prêt à se mesurer à l’obscurantisme. Sa vie sera dès lors jalonnée de longs voyages à travers l’Europe, de l’Italie à l'Angleterre en passant par la France – ce qui lui vaut aujourd'hui d'être considéré comme une figure de l'Europe.

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Il rédige lors d'un séjour chez son ami le philosophe humaniste Thomas More en 1509 son fameux Éloge de la Folie qui sera publié à Paris deux ans plus tard. Foncièrement humaniste, Érasme ne cessera de sélectionner chez les Anciens les idées conciliables avec le message évangélique. Il estime que la révélation n'est pas l'apanage des érudits et doit être accessible au plus grand nombre.

 

En 1522, il publie la première édition des Colloques, piquante satire des mœurs de l'époque composée de dialogues vivants entre deux ou plusieurs personnages et qui, sous couvert de textes à l'usage de la jeunesse estudiantine pour apprendre aux chrétiens à vivre selon les seules exigences de l'Évangile, aborde avec hardiesse et franc-parler les problèmes sociaux, politiques, économiques, pédagogiques, religieux, voire médicaux du moment. Par leur genre et leur objectif, les Colloques d'Érasme sont les textes les plus représentatifs de l'esprit des humanistes du XVIe siècle et connurent un vrai succès.

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L'ouvrage présent dans la bibliothèque d'Alphonse Denis, publié en 1653 à Leyden (Hollande) par Adrian Vingart, est remarquable pas tant à cause de sa qualité livresque – presque au contraire : sa reliure, probablement datée du XIXe, porte le titre « COLLOQ DHERAS » sur la tranche... –, mais grâce aux indications sur le travail et les intentions d'édition qu'offrent l' « Avertissement de l'imprimeur au lecteur » et la « Préface du traducteur ».

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En effet, l'éditeur, certainement humaniste lui-même, « ayant recouvré par bonheur cette belle & ingénieuse translation d'une partie des Colloques d’Érasme », « habile homme [du] siècle », désirait publier ce texte afin de le faire « voir à tout le monde ». « Et nous l'avons fait d'autant plus volontiers, rajoute-t-il, que les riches discours de ce grand personnage n'ont pas encore été, que nous sachions, traduits en la Langue Françoise ».

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Et si l'éditeur estime qu'il n'est pas nécessaire de vanter la qualité du texte puisque le nom du « Sieur Erasme de Rotterdam » suffit à en assurer le succès, il lui semble par contre nécessaire de préciser quelques points pour « l'intelligence de cet ouvrage », notamment les chiffres en marge qui renvoient à des remarques à la fin du livre et le fait que « les matières imprimées en lettre coursive (sic), & encloses en parenthèses, ne sont pas de l'essence du texte de l'Auteur, mais certaines gloses & adjonctions du Traducteur, pour l'explication de quelques termes épineux. »

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Le traducteur, quant à lui, sans nul doute fervent humaniste également, ne tarit pas d'éloges au sujet d'Erasme et du texte – qu'il ne se contente pas de résumer, entreprenant plutôt de l'analyser et de l'expliquer – et conseille aux lecteurs renfrognés de se taire pour ne pas tomber dans les ridicules que le penseur de Rotterdam stigmatise, et aux lecteurs enthousiastes de faire « beaucoup de bruit » afin d'éveiller la curiosité de leurs concitoyens. Et s'il revient également sur sa traduction, la justifiant et la défendant, c'est aussi pour mettre en valeur la pertinence d'un texte nécessaire selon lui : « Considère [lecteur] que je me suis rompu le corps & l'Esprit par cent & cent veilles, pour mettre en la première langue du monde l'ouvrage le plus difficile comme le plus beau. »

 

Car à travers ce volume des Colloques d'Erasme fort curieusement Traduits de Latin en François (curieusement à entendre ici dans le sens ancien de « avec soin ») conservé dans les collections patrimoniales de la médiathèque, ce sont aussi les efforts et les préoccupations de l'éditeur et du traducteur, préfigurant les rapports et les exigences éditoriales modernes, qui sont légitimement mis en lumière.

 

Auteur(s) Erasme (1469-1536) (Auteur)

Titre(s) Colloques d'Erasme fort curieusement Traduits de Latin en François. Pour l'usage des amateurs de la langue. / Erasme.

Editeur(s)À Leyden : Chez Adrian Vingart , 1653.

Notes Contient un avertissement de l'imprimeur au lecteur, une préface du traducteur, une apologie d'Erasme et une table. - La reliure comporte l'indication "COLLOQ DHERAS" sur la tranche.

Sujet(s) Fonds Alphonse Denis Pédagogie : Ouvrages avant 1800 Savoir-vivre : Ouvrages avant 1800

Indice(s) B 72 316A