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Iconographie des orchidées par Jean-Baptiste Barla

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"Les Orchidées sont des plantes herbacées, vivaces, terrestres ou parasites, munies de tiges ou de hampes. Les racines sont fasciculées-fibreuses, à fibres plus ou moins charnues, ordinairement d'un blanc sale, lisses, pubescentes ou poilues, souvent munies de tubercules arrondis, ovales, entiers, très-obtus à l'extrémité inférieure, rarement allongés-fusiformes et amincis à la partie inférieure en une pointe ou fibre, souvent divisés ou digités-palmés et alors aplatis latéralement en forme de main."

 

 

Ces mots sont ceux de Jean-Baptiste Barla (1817-1896), naturaliste niçois. Ils sont d'une importance capitale car avec eux s'ouvre le tout premier ouvrage français d'orchidologie (l'étude des orchidées), le tout premier ouvrage d'une longue liste de livres qui vont étudier, classer, montrer, vulgariser ces plantes exotiques si étranges et magnifiques à la fois.

 

Les premières représentations connues d'orchidées, notamment d'Ophrys, datent du VIe siècle mais leur étude connait son véritable essor à partir du XVIe siècle et l'invention de l'imprimerie qui suscite une véritable explosion d'ouvrages de botanique. L'époque est alors au recensement, au catalogage, à la description de la nature. Aux quatre coins de l'Europe sont alors publiées de monumentales sommes botaniques qui livrent les premières diagnoses d'orchidées. En France, les prédécesseurs français de Barla au XVIe siècle se nomment Dalechamp, de l'Ecluse et L'Obel. Jacques Dalechamp  (1513-1588) dans son maître ouvrage (2034 pages !) Historiae generalis plantarum classe les orchidées parmi les bulbes, Charles de l'Ecluse (1526-1609), peut-être le plus grand botaniste de l'époque, fait de même dans son Rarorium plantarum historia (1601) mais diagnose néanmoins trois nouvelles espèces, quant à Mathias L'Obel (1538-1616) il publie en 1581 Kruydboeck quisans être d'une grande originalité, apporte la description de deux nouveaux taxons.

 

Le XVIe siècle connait donc une véritable frénésie botanique portée par une profusion de publications qui circulent dans toute l'Europe. En seulement 50 ans, des dizaines de milliers de plantes ont été découvertes, répertoriées et décrites et l'orchidologie peut revendiquer la description de 6000 espèces différentes dont une quarantaine sont françaises. Assez étonnament, le XVIIème siècle connait une espèce de léthargie au niveau de l'orchidologie, et même un monument de la botanique comme Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) ne fait que peu de cas des orchidées et se contente de reprendre ses prédécesseurs. La seule grande contribution de Tournefort est de regrouper les orchidées en 6 groupes : Orchis, Helleborine, Calceolus, Limodorum, Ophris et Nidus avis dans Institutiones rei herbariae. Un de ses collègues, Pierre Magnol (1638-1715), va, lui, identifier et décrire une vingtaine d'espèces endémiques de la région de Montpellier. Et ce sera à peu près tout pour ce siècle dont le peu d'intérêt pour les orchidées semble se prolonger jusqu'au premiers temps du XVIIIe siècle.

 

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- Calceolus marianus ou Sabot de Vénus -

(Plantae per Galliam, Hispaniam et Italiam observatae, iconibus aeneis exhibitae)

 

 

Survient alors Carl von Linné (1707-1778) qui en imposant sa classification binominale invente tout simplement la botanique moderne. Son ouvrage "Species Plantarum" (1764) devient immédiatement l'ouvrage de référence pour les botanistes modernes. Dans la partie consacrée aux orchidées, il en distingue cinq genres : Orchis, Satyrium, Ophrys, Serapias et Cypripedium et y décrit plus d'une trentaine d'orchidées sauvages françaises. Dans le même temps, de grandes expéditions d'explorations coloniales sont lancées au travers des océans ; elles rameneront de ces "bouts du monde" des milliers de nouvelles plantes parmi lesquelles les orchidées tropicales, épiphytes (plantes qui utilisent d'autres plantes comme support), qui seront étudiées et décrites dans les flores extraordinaires d'exotisme que produiront ces missions scientifiques coloniales.

Le XIXème siècle est ainsi paré pour devenir non pas le siècle de l'orchidologie mais celui de l'orchidomanie, des fortunes sont dépensées pour obtenir des specimens rares fraichement décrits dans des revues horticoles sans se soucier de la préservation des sites. Partout en Europe, et plus particulièrement en Angleterre, des collections voient le jour dans les jardins botaniques, collections alimentées par des plantes achetées auprès de grands importateurs qui paient des chasseurs de par le monde pour trouver des pièces rares.

 

 

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- Epidendrum moschatum -

(Atlas de la Relation de l'ambassade anglaise envoyée en 1795 dans le royaume d'Ava)

 

A la même époque, loin du tumulte orchidomaniaque londonien, parisien ou bruxellois, Jean-Baptiste Barla parcours la campagne niçoise pour herboriser. Il est avant tout fasciné par les champignons. Il va d'ailleurs constituer sur plusieurs décennies une collection de moulages de champignons qu'il lèguera à sa mort au Muséum d'histoire naturelle de Nice qu'il a co-fondé avec Jean-Baptiste Vérany (1800-1865) et dont il deviendra directeur à la mort de ce dernier. Si la mycologie est au centre de ses préoccupations, il entreprend néanmoins la rédaction d'une flore consacrée aux orchidées sauvages des Alpes-Maritimes. Il s'adjoint les services de Vincent Fossat (1823-1893), son illustrateur attitré, qui va réaliser des aquarelles exceptionnelles qui sont d'une exactitude méticuleuse et d'un art raffiné. Le texte est accompagné de 63 planches coloriées d'orchidées en grandeur naturelle et constitue à sa parution en 1868 (en 6 livraisons) un événement majeur pour l'orchidologie puisqu'il s'agit là de la toute première monographie en langue française d'un ouvrage consacrée à cette famille botanique. A sa suite, les associations et les publications vont se multiplier jusqu'à nos jours, sans discontinuer, tandis que Barla retournera à sa passion première, les mycètes.

 

L'exemplaire acquis par la médiathèque pour compléter sa collection d'ouvrages de botanique est dans un état de conservation rare, protégé par un coffret absent à l'origine et donc créé par ou pour l'un de ses propriétaire précédent.

 

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Epipactis viridifolia, Epipactis atrorubens et Platanthera bifolia

 

 

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 Orchis olbiensis (Orchidée d'Hyères)