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Cinémusique Coups de coeur Kié, la petite peste (1981)

Kié, la petite peste (1981)

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Réalisateur japonais de films d'animation, Isao Takahata  (1935-2018) est le cofondateur du studio Ghibli avec Hayao Miyazaki.

 


Si la plupart des œuvres du créateur japonais s’adressent aux petits, elles véhiculent aussi des messages à destination des grands. Derrière l’histoire de sympathiques et énergiques fillettes (Heidi, 1974-1975 ; Le tombeau des lucioles, 1988 ; Souvenirs goutte à goutte, 1991 ; Mes voisins les Yamada, 1999 ; Le conte de la princesse Kaguya, 2013 ...), le réalisateur pose un regard acide sur la famille.

kie2Alors que chez Hayao Miyazaki, autre grand maître de l’animation avec lequel Takahata a beaucoup travaillé, la fillette se tourne vers le dehors et explore le monde dans une véritable quête personnelle propulsée par un élan centrifuge, chez Takahata, au contraire, la fillette est tenue au domestique par une force centripète. Elle est condamnée au dedans pour assurer la survie des siens dont elle fait office très tôt de soutien. Chez l’un, la fillette s’émancipe, chez l’autre, la fillette se débat prématurément avec les inégalités homme/femme au cœur du foyer, compense les incuries de chacun dans la maisonnée, assume, comme une grande, les devoirs qui incombent, jusqu’au sacrifice de son propre épanouissement. En tout cas, la fillette chez chacun d’entre eux, affronte les épreuves avec un immense courage et révèle beaucoup de qualités semblables.

L’animation permet d'avancer caché. Le dessin serait comme un cheval de Troie. Sous l'apparente naïveté de l'histoire racontée ou du trait, du graphisme, le réalisateur croque, de sa pointe acérée, l'image de la famille. La famille, non comme ensemble face à la société, mais la famille comme composition d'individus qui définit la société elle-même.

L'inversion des rôles, la confusion qui en découle et la réorganisation qui s’opère redessinent la carte familiale, lui permettant de fonctionner quand même, mais de manière très bancale, pour ne pas dire pathologique. Les notions de générations, de respect, d'autorité, de responsabilité, de conscience, d'innocence sont complètement bouleversées.

Par la voix de fillettes, Takahata dénonce, avec un humour corrosif, un monde (la famille en serait la cellule représentative) qui fonctionne à l’envers.