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Le cinéma documentaire

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Parent pauvre de l'industrie cinématographique, le film documentaire vit une situation précaire. Combien de projections dans les salles pour des centaines de chefs-d'oeuvre ? Alors qu'il fut, avec L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat (1895) des frères Lumière, à l'origine même du cinéma, le film documentaire demeure majoritairement méconnu par un large public.

 

 La malheureuse distinction entretenue entre documentaire et fiction - l'un serait contraint à l'"informatif", tandis que l'autre, plus artistique, serait du cinéma - est l'une des raisons de ce désintérêt. Et c'est une erreur. Documentaire et fiction sont du cinéma ; créativité, narration et scénario ne sont pas l'apanage de la fiction et les différences s'atténuent pour peu que l'on se plonge dans l'unviers du cinéma documentaire. "Point de vue documenté" selon Jean Vigo, il est un regard essentiel sur le monde. L’objectif de cette sélection  - non exhaustive, loin de là - est de donner quelques repères dans l'histoire du cinéma documentaire, à travers quelques films que nous avons aimés.

Nanouk l'esquimau / réalisé par Robert Flaherty ; Etats-Unis, 1922, 50 min.

Flaherty a vécu quinze mois avec cette famille d'Esquimaux et a voulu montrer leur quotidien sans exotisme, mais en dramatisant la réalité dans la vérité des faits. Sans nul doute l'ancêtre du "cinéma-vérité", le film conserve aujourd'hui la poésie et la magie qui en font un chef-d'oeuvre.

 

Une aventure africaine / réalisé par Jean Rouch ; France, de 1947 à 1974, 4 h 32 min.

"Un cinéaste doit avoir des semelles de vent, partir ailleurs..." C'est ainsi que Jean Rouch nous invite à de savoureuses rencontres, sérieuses ou joyeuses, dans l'univers mythologique des sociétés de la boucle du Niger. Il en a rapporté des films, qui sont autant de contes universels

 

Eux et moi / réalisé par Stéphane Breton ; France, 2001, 1 h 02 min.

Depuis quelques années, un ethnologue retourne régulièrement dans un petit village de Nouvelle-Guinée. Il parle la langue de ces gens qui se promènent nus avec leur arc, qui vivent en disputant à coups de hache des jardins à la forêt et qui ont la tête près du bonnet comme des paysans de chez nous. Il les connaît bien mais une certaine gêne subsiste entre eux. Ils semblent n'être intéressés que par sa brosse à dents, ils le prennent trop souvent pour un tiroir-caisse. Un regard original, drôle et pertinent sur l'Autre.

 

L'hippocampe ou le cheval marin / réalisé par Jean Painlevé ; France, 1933, 13 min.

Observation des amours du seul poisson à se mouvoir verticalement. "Comme tout syngnathe qui se respecte, le mâle hippocampe nourrit les oeufs que la femelle a déposés dans une poche patricielle. Emotion quand, avec ses allures de dragon d'Uccello (le contraire serait plus juste), l'hippocampe accouche en roulant des yeux en signe de souffrance. (…) Pour des travellings au fond de l'estuaire de la Garonne, David, l'ingénieur des studios Pathé, avait bricolé une Sept (petite caméra qui ne permettait de charger que sept mètres de pellicule) dans un caisson étanche : la première caméra insubmersible mobile. Faut-il dire que L'Hippocampe a accouché de tout le cinéma de Cousteau…" (Hélène Hazéra, in Positif, 1990)

 

Le chagrin et la pitié : chronique d'une ville sous l'occupation / réalisé par Marcel Ophuls ; France, Suisse, 1969, 4 h 11 min.

Chronique de Clermont-Ferrand sous l'Occupation. Sous la probable pression de certains éléments du gouvernement de l'époque, l'ORTF déclina l'offre d'achat. Pour cette raison, le film dut recourir à la sortie en salle. Il fit l'objet d'un fort engouement par le bouche-à-oreille. À l'époque, le public en France ne disposait que de deux chaines de télévision, toutes deux étatiques, et dont l'information était étroitement contrôlée par le gouvernement. Un film choc qui modifia en profondeur la perception de la collaboration, de la Résistance et de l'Occupation en général.

 

Shoah / réalisé par Claude Lanzmann ; France, 1985, 9 h 15 min.

L'action commence de nos jours à Chelmno-sur-Mer, en Pologne. À 80 kilomètres au nord-ouest de Lodz, au cœur d'une région autrefois à fort peuplement juif, Chelmno fut en Pologne le site de la première extermination de juifs par le gaz. Elle débuta le 7 décembre 1941. Quatre cent mille juifs furent assassinés à Chelmno en deux périodes distinctes : décembre 1941, printemps 1943, juin 1944 - janvier 1945. Le mode d'administration de la mort demeurera jusqu'à la fin identique : les camions à gaz. Sur les quatre cent mille hommes, femmes et enfants qui parvinrent en ce lieu, on compte deux rescapés : Mikael Podchlebnik et Simon Srebnik.

 

Chronique d'un été / réalisé par Jean Rouch et Edgar Morin ; France, 1961, 1 h 30 min.

Paris, été 1960, Edgar Morin et Jean Rouch interviewent des parisiens sur la façon dont ils se débrouillent avec la vie. Première question : êtes-vous heureux ? Les thèmes abordés sont variés: l'amour, le travail, les loisirs, la culture, le racisme etc. Le film est également un questionnement sur le cinéma documentaire : cinéma-vérité et cinéma-mensonge. Quel personnage jouons-nous devant une caméra et dans la vie ? Chronique d'un été est également, par sa forme et son propos, un des piliers de la Nouvelle Vague.

 

L'abécédaire de Gilles Deleuze / réalisé par Pierre-André Boutang ; France, 1988, 9 h 20 min.

Deleuze ne voulait pas d'un film sur lui, mais il avait accepté l'idée d'un film avec lui, et avec Claire Parnet qui fut son élève. C'est un abécédaire dont chaque lettre renvoie à un mot, de A comme animal à Z comme zigzag. Existe-t-il un lien entre Spinoza et Minnelli ? Entre Marcel Proust et Francis Bacon ? Entre les poux et la culture ? L'abécédaire nous montre l'expérience d'une pensée et d'une parole à l'œuvre, invite à voir et réfléchir.

 

Amsterdam global village / réalisé par Johan van der Keuken ; Pays-Bas, 1996, 3 h 49 min.

Le cinéaste appréhende la diversité de la capitale ainsi que l'existence simultanée des différents mondes qu'elle abrite avec un effort constant d'explorer l'inconnu et de redécouvrir le familier. En abordant des thèmes humains universels, tels que l'amour, l'acte d'amour, la vie et la mort, la guerre ou le mouvement planétaire, le film éveille en nous le sentiment exprimé par le réalisateur dans le texte exceptionnel qu'il nous offre : "Je suis au loin, en voyage autour de ma propre ville. Je sais que la vie est un rêve."
 

 

Délits flagrants / réalisé par Raymond Depardon ; France, 1994, 1 h 45 min.

Une personne arrêtée en flagrant délit par la police comparaît devant un substitut du procureur. Après cet entretien, soit la personne fait l'objet d'une procédure dite de comparution immédiate, et dans ce cas elle peut s'entretenir avec un avocat avant d'être jugée par le tribunal correctionnel en audience publique, soit elle est libérée et reçoit une convocation pour une audience ultérieure. Ce film retrace l'itinéraire procédural de ces personnes, de leur arrivée au dépôt jusqu'à l'entretien avec l'avocat. On dirait une fiction dont le décor serait les sous-sols du palais de justice et les acteurs des prévenus et leurs juges. Un film tragique parfois, drôle aussi, pudique et toujours généreux.

 

La bataille du Chili / réalisé par Patricio Guzman ; Chili, 1975, 4 h 32 min.

Un témoignage unique sur les trois années du gouvernement d'Unité populaire au Chili. En 1973, un chef d'Etat marxiste, Salvador Allende, est élu démocratiquement. Patricio Guzman décide de descendre dans la rue filmer l'actualité et la réalité quotidienne des bouleversements politiques que connaît son pays.

 

Métaleurop : Germinal 2003 / réalisé par Jean-Michel Vennami ; France, 2003, 1 h 35 min.

Janvier 2003 : Metaleurop, la plus grande fonderie d’Europe, créée en 1894 à Noyelles-Godault, est sur le point de fermer. Sur la décision d’une poignée d’actionnaires, ce seront bientôt 830 métallos qui seront au chômage. Parmi eux, Jean-Pierre Bertrand, 48 ans, lutte et tente de sauver sa famille du naufrage… Fresque aussi poignante que romanesque, Metaleurop : Germinal 2003 est un film qui exacerbe le concept de cinéma documentaire : images sublimes et glaçantes ; personnages attachants et tellement humains ; arrière fond politique et historique. Le conflit est vécu de l'intérieur à travers le portrait d’un ouvrier et de sa famille. De la liquidation au début de la résistance, de l'occupation du site à la réception de la lettre de licenciement, autant d'étapes douloureuses d'un séisme humain : détermination, fureur et découragement... Entre Zola et Ken Loach.

 

Mondovino / réalisé par Jonathan Nossiter ; Etats-Unis, 2004, 2 h 25 min.

Le vin a été un symbole de la civilisation occidentale pendant des millénaires. Jamais le combat pour son âme n'a été aussi féroce. Il n'y a jamais eu tant d'argent et de gloire en jeu. Mais l'ordre de bataille n'est pas celui auquel on s'attend : locaux contre multinationale, simples paysans contre capitaines d'industrie. Dans le monde du vin, les suspects habituels ne sont jamais où on les attend. Entre Epopée et comédie shakespearienne, Mondovino est un film jouissif, que l'on soit ou non amateur de vin. 

 

Le cauchemar de Darwin / réalisé par Hubert Sauper ; Autriche, 2005, 1 h 47 min.

Les rives du plus grand lac tropical du monde, considéré comme le berceau de l'humanité, sont aujourd'hui le théâtre du pire cauchemar de la mondialisation. Pêcheurs, politiciens, pilotes russes, industriels et commissaires européens y sont les acteurs d'un drame qui dépasse les frontières du pays africain. Dans le ciel, en effet, d'immenses avions-cargos de l'ex-URSS forment un ballet incessant au-dessus du lac, ouvrant ainsi la porte à un tout autre commerce vers le sud : celui des armes. Glaçant, controversé, passionnant.

 

Valse avec Bachir / réalisé par Ari Folman ; Israël, 2009, 1 h 26 min.

Documentaire d'animation ou fiction ? N'ayant aucun souvenir de son expérience lors de la première guerre du Liban, au début des années 80, Ari Folman décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Le film, proche du questionnement documentaire, aborde la question de la mémoire et de l'oubli. Il s'intéresse en particulier aux soldats israéliens confrontés aux souvenirs du massacre de Sabra et Chatila en 1982 lors de l'intervention militaire israélienne au Liban de 1982 : étaient-ils partie prenante ou simplement spectateurs ? Mais l'animation bouleverse nos habitudes, nous heurte, nous questionne sur le cinéma en général, le documentaire en particulier. Valse avec Bachir est un magnifique ovni.

 

Tous ces films sont disponibles à l'espace Grand Public