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Jeunesse Coups de coeur Été indien : comme une envie de prolonger l’été...

Été indien : comme une envie de prolonger l’été...

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A l’heure où tout le monde évalue, fait le point sur Sa rentrée : Nouvelles habitudes, emploi du temps surchargé, organisé en fonction des rythmes scolaires ou dicté par de multiples inscriptions à des cours de cuisine, pilates ou volley… Parlons plutôt chaleur, douceur, vagues, émotions, sentiments, mer, attraction. Comme le dit si bien Victor Hugo : L'été qui s'enfuit est un ami qui part.

 

Prolongeons, profitons encore un peu de ce bel ami avec une sélection de romans solaires, enjoués ou inspirants qui, je l’espère, vous réchaufferons, en ces premiers jours du mois d’octobre, la tête et le cœur. Pour que ce soit plus simple et que vous vous y retrouviez, j’ai choisi de différencier plusieurs types ou catégories de romans. Commençons par une première sélection que j’appellerai :

Famille et Identité :

 

ete inien2Ces liens qui nous séparent
Auteur : Ann Brashares
Éditeur : Gallimard, 2017

L’auteur aux millions de fans de la série culte Quatre filles et un jeans nous offre ici une histoire familiale complexe et peu banale. Sasha et Ray passent tous leurs étés dans la vieille maison de Long Island. Ils ont le même age : 17 ans, sont nées le même mois et partagent tout depuis l’enfance : leur lit, leur chambre, leurs sœurs … Sans jamais se voir, sans jamais être ensemble, sans se connaître. En fait, le père de Sasha et la mère de Ray ont autrefois été mariés. Après une séparation houleuse, chacun a refait sa vie : Robert le père a épousé en deuxième noce Evie (parents de Sacha) Lila la mère a épousé ensuite Adam (parents de Ray) Personne ne veut céder à propos des vacances.

En choisissant des horaires bien précis de manière à ne jamais se croiser, la maison sur la plage sera partagée une semaine sur deux. Seules les trois filles de Robert et Lila : Emma, Quinn et Mattie resteront en étant tour à tour avec leur mère, leur beau-père et leur frère, puis avec leur père, leur belle-mère et leur sœur.

Sasha et Ray sont des étrangers l’un pour l’autre mais au fil des années un lien s’est créé entre eux. Bien que très différents, ils vivent les mêmes choses, lisent les mêmes livres, vont aux mêmes endroits. Ann Brashares précise : « En racontant leur histoire, j’ai exploré les différentes interactions et les influences qu’ils avaient l’un envers l’autre. J’ai commencé à voir qu’il y avait une réelle relation entre eux. Ils ont, pour moi, un aspect très yin et yang ».
Le livre raconte leur rencontre de manière habile et délicate où les actions, les sentiments, les secrets de tous les personnages sont mis en exergue. Ce n’est pas uniquement l’histoire de Sasha et Ray mais bien celle des deux familles recomposées avec la rivalité des parents et la souffrance des enfants. Le ton est agréable, drôle, nostalgique parfois tragique. Je finirai par une citation : « Il avait l’impression qu’ils étaient tous les deux prisonniers : de leur chagrin et de leurs familles, et du chagrin de leurs familles. Il devinait que ses parents, comme les siens, ne supportaient pas qu’elle sorte de leur champ de vison. Il se posait également parfois la question de la culpabilité. Il sortit et se posa face au miroir. Ce miroir qui avait le droit de voir Sasha, pourquoi pas lui ? » p. 297.

 

ete inien3L’été de Summerlost
Auteur : Allie Condie
Éditeur : Gallimard Jeunesse, 2017

Une histoire sensible et réconfortante au charme singulier, par la talentueuse auteure de la série best-seller international, Promise, Ally Condie. The New York Times précise d’ailleurs « Ally Condie a l’art d’exprimer des sentiments complexes par des images belles et simples à la portée de jeunes lecteurs » Ce livre est une magnifique ode à la vie ! (RTL)

C’est le premier été après le drame. Le premier été sans son père ni son frère tragiquement disparus dans un accident de voiture. Cedar, 12 ans : notre héroïne, sa mère et Miles, son petit frère de 8 ans vont s’ installer dans la maison de vacances à Iron Creek. Lorsque sa maman a vu le panneau à vendre. Elle n’a pas supporté. Cette propriété appartenait à ses parents… Utilisant une partie de l’argent de l’assurance-vie, elle décide de la racheter pour la famille, pour leur oncle Nick et sa femme mais surtout pour les grands-parents de Cedar et Miles. Dorénavant, tous les trois iraient tous les étés pour passer plus de temps en famille et se souvenir des bons moments. Malgré la tristesse, chacun veut s’occuper et aller de l’avant. En suivant un drôle de garçon de son quartier qu’elle surnomme Le Naze-sur-son-Vélo, Cedar découvre le Summerlost Festival dédié au théâtre et à Shakespeare. Le Naze s’appelle en fait, Léo. Ils font très vite connaissance et grâce à lui, elle décroche un petit job d’été pour vendre des programmes. Passionné, Léo lui propose en plus de participer à des visites guidées clandestines dédiées à l’actrice locale, Lisette Chamberlain, disparue prématurément. Sur fond de mystères et par le biais du théâtre et d’un projet de voyage, Cedar noue une solide amitié avec Léo. Même si les pensées pour son père et son frère sont constantes, elle s’investit , essaye d’avancer, de faire avec. C’est une reconstruction sans larmoiement, pas de sentiments dégoulinants, ni de tristesse inextricable. Malgré la colère et les prises de conscience, un sentiment continu d’apaisement se dégage tout au long du roman. Le ton est juste, tendre, optimiste : « Mon père disait souvent que la vie, c’était comme tourner les pages d’un livre. « Oh, regardez, disait-il en faisant semblant de tourner une page quand un coup dur arrivait. Pas de bol page quatre-vingt-dix-sept. Et quatre-vingt-dix-huit. Mais ça s’arrange page quatre-vingt-dix-neuf! Tout ce qu’il fallait faire, c’était continuer à lire ! » p. 194.

 

ete inien4Entre les vagues
Auteur : Claudine Galea
Éditeur : Éditions du Rouergue, 2006

Tommy adore passer tous les étés à La Ciotat, chez ses grands-parents Mammy So et Manu. Là-bas, c’est la mer, le soleil et les amis comme Marine qui est déjà noire comme un pruneau quand il arrive de la capitale. Cette année, Tommy rencontre Cecil . Blond, peu loquace, trop grand, tout déguingandé comme dit sa grand-mère, il est différent et Tommy aime bien ça. Ensemble, ils vont du vélo (ils ont le même d’ailleurs), explorent les calanques et les sentiers de la colline, se baignent parfois à poils dans des coins tranquilles. Cette amitié devient vite exclusive et Tommy ne peut plus se passer de Cecil. Il ne peut pas expliquer les sentiments qui le lie à son ami. Il prend beaucoup de place, trop de place surtout en cas d’absence. En colère, anxieux ou parfois triste, Tommy ne contrôle rien. Il ne comprend pas pourquoi il est si touché par le départ de Cecil pour quelques jours à Marseille. Un secret lié à sa mère éclairera en partie le comportement étrange de ce dernier. Le ton est brut, tranché, franc. Il décrit les non-dits, les espérances, le désarroi… Pages 22-23, on peut lire : « Je. Il ne peut pas finir sa phrase. Il allait dire quelque chose à Cecil, mais il ne peut pas, c’est trop bizarre. Je t’aime bien, il a failli lui dire. C’est idiot. Puisque c’est son copain ». Avec les vagues, Tommy navigue entre amour et amitié. Un texte court et fort. Tout en retenu, il décrit les états d’âme d’un jeune garçon qui ne peut pas encore mettre des mots, ni comprendre ce bouleversement ni la complexité des sentiments.

Parlons, maintenant de filles courageuses et de leur histoire dans la deuxième catégorie de
romans qui s’intitule :

 

Romance et Girl Power :

 

ete inien5Surf Sisters
Auteur : Michelle Dalton
Éditeur : Albin Michel, 2018

Ancienne reporter, Elizabeth Lenhard sous le pseudonyme Michelle Dalton a écrit deux livres à succès en littérature jeunesse 15 ans et l’été de mes 16 ans.

Pour son troisième roman, elle raconte les aventures d’ Izzy amoureuse de la mer et passionnée de surf. La jeune fille est heureuse de vivre à Pearl Beach en Floride où elle peut profiter des vagues et travailler l’été dans une boutique avec ses deux meilleures amies Sophie et Nicole. Bien plus qu’une boutique de vêtements et d’accessoires, cette maison associée à une école de surf a été aménagée par Mo et Mickey, deux sœurs, pour faire perdurer l’œuvre de leur père Steady Eddie considéré comme l’un des plus grands surfeurs de la côte. Tous les employés du magasin Surf Sister sont des passionnés. Issy est celle qui en parle le mieux: « Pense à tout ce qui intervient dans la création d’une vague : la force de l’attraction de la lune, le vent et la météo à des milliers de kilomètres, au milieu de l’océan, les contours du fond de l’océan. C’est un incroyable événement cosmique qui reste invisible jusqu’au tout dernier moment. La vague n’apparaît à la surface que pendant un court moment, et la perfection, c’est le diapason qui résonne dans ton cœur quand tu la prends au moment où elle naît et que tu la surfes jusqu’à sa complète disparition. » p. 130.
Avec un vocabulaire parfois technique carving, cut-back ou aérial ...(un glossaire est à la fin du livre), l’auteur nous décrit précisément l’univers de la jeune fille et nous fait découvrir, par la même occasion et de manière poétique, toutes les subtilités de ce sport.
Cet été sera particulier pour Izzy à bien des égards car il sera aussi celui de son premier amour. Ben, un jeune homme du Wisconsin, qui ne connaît rien au surf, venu pour travailler au Département des Loisirs avec son oncle pendant les vacances d’été, va éveiller sa curiosité et la rendre plus audacieuse. Plutôt timide et solitaire, Izzy va initier ce dernier à sa passion et à la façon de vivre des locaux de Pearl Beach. Grâce à Ben, elle va prendre confiance en elle, se sentir assez forte pour être leader et relever des défis. Un esprit de corps et toute une solidarité va se dégager pour sauver Surf Sisters de la destruction et participer à la plus importante compétition de surf de la région. Une lecture détente très agréable en compagnie d’Izzy et de Ben qui sent bon l’été et le monoï . On en ressort le sourire aux lèvres, avec une furieuse envie de plonger dans l’eau et de profiter des derniers rayons du soleil.

 

ete inien6Mes meilleures vacances ratées

Auteur : Morgan Matson
Éditeur : Milan, 2019

Également connue sous son pseudonyme Katie Finn, Morgan Catherine Matson dont tous les livres n’ont pas été traduits en français, fait partie de la New York Times Bestseller List -Young Adult Hardcover (liste de best-sellers publiée hebdomadairement par le New York Times – catégorie Jeunes Adultes) depuis 2016.

Ce roman nous fait découvrir le quotidien d’Alexandra ou plutôt Andie, une jeune fille qui a pour habitude de tout planifier et organiser. Avec un père représentant au Congrès depuis qu’elle a trois ans, le moindre de ses faits et gestes
est analysé. Toutes ses paroles sont réfléchies et tout a toujours été sous contrôle pour ne pas faire de tort à son politicien de père. Pour cet été, elle avait prévu de faire un stage immersif à l’université destiné aux lycéens inscrits en prépa de médecine. Andie avait attendu ce moment toute l’année. Mais les choses n’allaient pas se dérouler comme prévu … Un scandale politique, une rumeur impliquant Alex Walker changeait la donne. Tant que l’enquête ne l’avait pas innocenté, son père perdait en crédibilité. Il n’était plus bon de le soutenir. Une conséquence directe de cette affaire : plus de stage pour Andie … Place à l’improvisation ! C’est une première pour la jeune fille qui va, in extremis et un peu par hasard, se retrouver promeneuse de chiens. Cette activité, contre toute attente, va finalement lui plaire et la rencontre avec un drôle de garçon, jeune écrivain en panne d’inspiration va lui permettre de lâcher prise et d’évoluer. Au fil de l’histoire, un lien fort se crée entre Clark et Andie qui va peu à peu faire tomber les barrières. Elle s’autorise à être triste (sa mère est morte, il y a quelques années), à avoir peur, à douter, à demander de l’aide. La proximité avec son père, complètement absent depuis cinq ans, remet les choses à plat. Ils réapprennent à se connaître, à échanger et à parler sincèrement. Andie sort de sa zone de confort et s’affirme pour la première fois. Entourée de trois amies de longue date : Palmer, Bri et Toby, elle peut compter sur leur amitié sincère. Le quatuor de choc qu’elles forment est particulièrement sympathique. Les personnages sont drôles et attachants. La plume de Morgan Matson dépeint une tranche de vie avec douceur et réaliste. Ce roman parle d’amour, d’amitié, de la famille, des choix à faire et il suppose qu’il est bon parfois d’improviser et de se laisser surprendre par la vie.

 

ete inien7Amour, vengeance & tentes Quechua

Auteur : Estelle Billon-Spagnol
Éditeur : Sarbacane, 2017

Après avoir travaillé dans la police, Estelle Billon-Spagnol change radicalement de cap pour devenir auteur et illustratrice jeunesse. elle a été sélectionnée pour le prix Tam-Tam j'aime lire et a été lauréate du prix graines de lecteurs en 2014.

Cinq heures du matin, toute la famille de Tara est prête au grand départ estival direction le Momo’s camping, emplacement 27. Comme à son habitude sa mère est surexcitée, son père a l’air exténué en portant Suze la petite dernière de six ans. Après plus de treize heures de route, les embouteillages, les pauses-café aux stations essence tout ce beau monde arrive à destination pour de belles vacances planifiées comme c’est le cas depuis des années. Sur place, ils retrouvent tous les habitués : Fred et Fred Huliot, voisins et potes de vacances des parents, le couple de boulangers strasbourgeois Graduc, la tribu Varloo, Momo la propriétaire et son fils Jacky. C’est Adam ou plutôt son Edam que Tara a vraiment hâte de retrouver. C’est son compagnon de jeu, son complice des vacances, son pote de toujours ! Mais cette année quelque chose a changé … Comment dire : Adam est devenu sexy. Il a toujours été adorable, gentil et mignon avec Tara. Cette fois, c’est différent et la grande FRITE blonde a eu l’air de s’en apercevoir. Eva aux jambes interminables, la jolie belge, la fille avec laquelle Adam a échangé son premier baiser semble également le trouver très à son goût … Une guerre sans pitié va alors faire rage au camping. Caractères bien trempés toutes les deux, Tara et Eva vont s’en donner à cœur joie. L’écriture est franche, drôle et spontanée. Notre héroïne malgré la tristesse, la déception, la colère, ses doutes et ses faiblesses, dépote et raconte ses déboires avec verve et aplomb. Au-delà de l’ambiance coloré du camping, on croise toutes sortes de personnages avec leurs travers, les actes manqués, les regrets, les désillusions, leurs folies et leurs espérances. Le temps des vacances, Tara et tous les autres vont profiter de cette bulle hors du temps pour réfléchir à la vie et au bonheur, grandir et se réinventer joyeusement.

L’été est la saison de tous les possibles. Les situations les plus cocasses et farfelues peuvent arriver. Le rire est à l’honneur dans le troisième groupe de livres présentés qui se nomme :

 

Drôles et Décalés :

 

ete inien8Comment (bien) rater ses vacances

Auteur : Anne Percin
Éditeur : Rouergue, 2010 à 2017

Tome 1 : Comment (bien) rater ses vacances
Tome 2 : Comment (bien) gérer sa love story
Tome 3 : Comment devenir une rock star (ou pas)
Tome 4 : Comment maximiser (enfin) ses vacances
Anne Percin, auteur reconnue en littérature jeunesse, a obtenu de nombreux prix et son roman Comment (bien) rater ses vacances connaît un tel succès en 2011, qu’il est réédité plus de six fois. Les trois premiers tomes se sont vendus à plus de 100000 exemplaires. Il est même question d'en faire une adaptation télévisuelle.

Maxime, le héros ou plutôt l’ antihéros de ces aventures est irrésistible. Gaffeur, inventif et diablement insolent, il crée une sacrée connivence avec ses lecteurs grâce à de nombreuses réflexions et commentaires. On perçoit très vite son esprit de contradiction, son humour et sa vivacité. Il est très drôle malgré lui et on adopte sans hésiter la Maxitude.
A 17 ans, Maxime n’a pas envie de perdre son temps en Corse avec les parents. Sa petite sœur Alice est partie en colonie, il va pouvoir passer des vacances peinard à regarder des films Z et à surfer sur Spacebook® avec sa pote trash Alex et Sa Kévinerie, son ami d’enfance et compère Kévin à l’humour douteux. C’était sans compter sur Lisette, la patriarche du clan Mainard, la grand-mère 2.0 de Maxime qui a décidé de s’occuper activement de son petit-fils. Les vacances tranquilles vont vite devenir délirantes. Une suite d’événements malencontreux : l’infarctus de Lisette, l’arrestation policière, les parents injoignables …vont obliger Maxime à se prendre en main de manière parfois assez peu orthodoxe et franchement hilarante !
« Chers vous autres, Je suis content que vous alliez tellement bien que vous avez pas le temps de penser à nous. Alors voilà, aujourd’hui j’ai un truc super important à vous dire au sujet de Mamie : elle s’est barrée en Patagonie avec Florent Pagny. Mais vous bilez pas pour moi, je passe quand même de super vacances grâce aux trois millions d’euros détournés sur un compte suisse que Florent m’a laissé en signe de reconnaissance. Avec, j’ai acheté trois maisons et un hôtel et bientôt je me fais la rue de la Paix. Gros poutous baveux. Votre fils adoré » p. 92 Tome 1.
Anne Percin nous accroche avec ce roman à l’humour noir corrosif qui devient vite addictif. On s’amuse vraiment à suivre les aventures de Maxime qui se poursuivent durant les quatre tomes présentés ci-dessus. Je ne veux pas trop en dire et vous laisser le plaisir de découvrir les multiples facettes de ce feuilleton réjouissant.

 

ete inien9Dis au revoir à ton poisson rouge !

Auteur : Pascal Ruter
Éditeur : Didier Jeunesse, 2018

Professeur de français depuis 1992, Pascal Ruter a écrit une douzaine de romans jeunesse. Son livre le cœur en braille a été sélectionné pour les Prix Sorcières et Incorruptibles et lauréat du prix Dévoreurs de livres. Il a également été traduit en plusieurs langues et adapté au cinéma en 2016.

Pascal Ruter aurait bien aimé croiser Molière et Flaubert, déambuler avec Pierre Loti dans les faubourgs d’Istanbul, ou dans les rues de New-York avec Harold Lloyd ; mais il ne désespère pas et se dit que ça serait peut-être pour une autre fois. (www.lesincos.com)

Tout ce qui compte pour Andréas c’est le skate, les entraînements et les compétitions. Il a bien l’intention d’en profiter pendant les vacances sauf que ses parents ont eu la bonne idée, pour relever son niveau d’anglais déplorable, d’inviter Mary, une correspondante. Ils lui ont concocté un programme fait de visites au musée et de conversations bilingues. Mais, pas le temps de trop s’inquiéter puisqu’en allant chercher Mary à l’aéroport de Roissy, les parents d’Andréas disparaissent. Rapidement les deux adolescents pensent qu’il y a réellement quelque chose qui cloche et tire la conclusion suivante : les parents ont bel et bien été enlevés ... S’ensuit alors une aventure rocambolesque et invraisemblable qui va mener Andréas et Mary au Brésil en passant par les États-Unis, l’Amazonie et la Roumanie.

James Bond miniature d’un nouveau genre, Andréas va s’échapper d’un bunker en feu, piloter un avion, manger des champignons hallucinogènes, rencontrer des indiens, naviguer sur une pirogue, se déguiser, monter dans un train en marche , affronter des malfrats, un gourou et des méchants en tous genres … Le rythme est effréné, haletant. La dynamique du film aventure/espionnage est bien là : « Me voilà seul, marié à mon tuyau de fonte. Aucune chance d’arracher mes menottes. Plus aucun bruit. L’enceinte est totalement désertée. Tout va sauter et moi avec » p. 76.
Riche en rebondissements improbables, on ne s’ennuie pas une seconde. Participer à cette course contre la montre, avec nos deux détectives en herbe est un réel plaisir. Les événements, pistes et indices s’enchaînent allégrement sans un moment de répit. La plume de Pascal Ruter est aiguisée, énergique tout en étant amusante. Loufoque et peu crédible (comme dans James Bond …et c’est ça qui fait le truc, en fait) le périple d’Andréas et Mary s’avère finalement vraiment rafraîchissant et récréatif.

L’été traverse les époques. Qu’en-est-il du passée, des étés d’autrefois ? C’est ce que nous tenterons de découvrir avec la dernière série de livres intitulée :

 

Historiques et Autobiographiques :

 

ete inien10De longues nuits d’été

Auteur : Aharon Appelfeld
Éditeur : L’école des loisirs, 2017

Grand poète et romancier israélien souvent comparé à Kafka, Aharon Appelfeld est traduit dans plusieurs langues. Il reçoit le prix Médicis en 2004. Il a attendu d’avoir plus de quatre-vingts ans pour décrire son errance dans la forêt (le froid, la faim, la soif) avec le roman Adam & Thomas élu Meilleur livre jeunesse de l’année 2014. Il s’inspire également de sa propre enfance pour écrire De longues nuits d’été.

C’est l’histoire d’une longue marche, d’une errance, d’une rencontre avec la seconde guerre mondiale pour décor.
Juste avant d’être déporté un père confie son fils Michaël devenu Janek à un ami Sergueï ancien soldat aveugle. Le vieil homme fervent catholique devient le protecteur du jeune juif. Ensemble ils vont parcourir l’Ukraine et aller de villages en villages. Janek raconte ce que voient ses yeux et s’habitue au silence. Sergueï lui apprend à contempler, écouter, apprécier les petites joies quotidiennes et les bienfaits de la nature. Ils dorment à l’orée des bois près d’un point d’eau et font l’aumône les dimanches, à la sortie des églises. Jared apprend qu’il ne faut pas forcer le don des villageois. On prend ce que l’on nous offre sans jamais forcer personne. Les vagabonds sont souvent mal vus par la population. Il faut faire bonne impression et ne pas les confondre avec les mendiants qui ne s’occupent que de leur ventre. Pour le vieil homme, toutes les errances sont une façon d’apprendre, ont une vocation spirituelle : « En vagabondant, l’homme apprend à distinguer entre ce qui important et ce qui ne l’est pas, ce qui est temporaire et ce qui est immuable, la vérité et le mensonge. Lorsqu’un homme est confortablement installé chez lui il oublie l’essentiel. Il a des préoccupations quotidiennes, se chamaille pour des broutilles, il ne pense qu’à lui et à ses biens. Mais lorsqu’un homme est dehors, sans maison, avec le ciel pour seul toit et la terre pour sol, seulement alors il apprend que l’errance, aussi dure soit-elle, le purifie » p. 88.

Toujours en alerte, il apprend aussi au jeune garçon à se défendre, l’entraîne à la course, au combat, à l’endurance. Les réflexes de l’ancien commandant perdurent et sont transmis à Janek. A chaque rencontre, une nouvelle leçon est apprise. Malgré le rejet ou la haine, Sergueï réagit avec philosophie et sagesse. Tout au long du chemin, l’initiation se poursuit avec des mots simples et forts pour traduire la reconnaissance, le contentement, l’entraide, la tolérance, la combativité, l’empathie ou la bienveillance. Le rythme est lent, tempéré. Comme une litanie, il suit les pas, les liens tendres et pudiques qui se créent peu à peu entre les deux compagnons de route. Un récit poétique, lumineux presque mythologique. Profondément humaniste, Aharon Appelfeld nous offre un roman précieux.

 

ete inien11Un été 42

Auteur : Herman Raucher
Éditeur : La belle colère, 2015


Une première édition a été traduite de l’anglais et publiée chez Robert Laffont en 1971.

Romancier et scénariste américain prolifique, Herman Raucher a reçu plusieurs récompenses et été nommé à l’Oscar du meilleur scénario original en 1972 pour le film Summer of '42 - Un été 42, réalisée par Robert Mulligan. Pour la composition de la musique devenue mythique, Michel Legrand reçoit lui aussi un Oscar. Ce roman est certainement le plus connu d’Herman Raucher. Il a été écrit en même temps que le scénario du film et retrace un épisode personnel de sa vie.

Presque trente ans se sont écoulés, Hermie se souvient des vacances de son adolescence.
Il a quinze ans et comme toutes les années, il prend le ferry avec ses parents pour aller sur l’île Packett Island en face de la Nouvelle-Angleterre. Là-bas, il retrouve Oscy son meilleur ami et un autre copain Benjie. A trois, ils vont les 400 coups et se sont baptisés le Trio Infernal qui cette année, a pour principale ambition de découvrir les joies du sexe. Perdre leur virginité est le défi à relever pour cet été. Même si l’histoire se déroule en 1942, les évènements peuvent être transposés à l’époque actuelle. La guerre est présente. Elle est suggérée. Mais les trois compères n’en n’ont rien à faire. Ils s’amusent et croquent la vie à pleine dent. Solidaires et confiants, ils pensent que leur amitié les sauvera de tout. Lancés à corps perdus dans leur quête hasardeuse et maladroite, ils trouvent un manuel d’anatomie présentant les 12 étapes de la sexualité et sont bien décidés à suivre ces commandements :
« Avant d’avoir vu ces photos, moi non plus je ne croyais pas que c’était possible. Mais ce sont des photos, Benjie. Des pho-to-gra-phies ! Pas des dessins ! J’en avais vu, des dessins avant ça. Mais là, ce sont des putains de photos ! Et je te jure qu’on va s’y mettre nous aussi !Des larmes montèrent aux yeux de Benjie. Quelque chose de bien différent monta dans le jean de Hermie. Oscy, leur chef, ne les laisserait pas tomber. Aujourd’hui les préliminaires, demain le monde. » p. 132.
Obsédés par cet objectif et victimes de leurs maladresses, les trois compères vont vivre des moments vraiment drôles et réjouissants. Sourire aux lèvres, on savoure ce texte truculent qui sent le vécu. Au fil du récit, les notions d’amour et de désir ne sont pas ressentis de la même manière par les trois adolescents mettant provisoirement à mal leur amitié.
Hermie le plus rêveur et poète de la bande va tomber éperdument amoureux d’une femme beaucoup plus âgée que lui. Sublime et inaccessible aux yeux du jeune homme, elle est mariée à Pete auquel Hermie aimerait ressembler. Au début des vacances, les soldats sont appelés au front et le mari de la belle inconnue doit lui aussi partir. Dorothy se retrouve seule et celle qui semblait être un mirage pour Hermie semble devenir réalité … Avec nostalgie et authenticité, l’auteur nous livre des souvenirs, des émotions, sa plus belle histoire d’amour. Affrontements, querelles, attirance, premier amour et premières blessures, il s’avère que les garçons deviendront bien des hommes durant cet été si particulier : l’été 42.

 

ete inien12Le diable au corps
Auteur : Raymond Radiguet
Éditeur : Milan, 2009
Première édition 1923

Raymond Radiguet a eu une vie courte et intense. A quatorze ans, il se lance dans une histoire d’amour avec une femme de dix ans son aînée et mariée à un homme parti à la guerre. Il utilise cette réalité comme toile de fond à son roman et se défend d’écrire une autobiographie. « Pour écrire il faut avoir vécu, mais ce que je voudrais savoir, c’est à quel âge on a le droit de dire : «J’ai vécu»… Je crois qu’à tout âge, et dès le plus tendre, on a à la fois vécu et on commence de vivre. » Raymond Radiguet

Le narrateur a douze ans lorsque la première guerre mondiale éclate. Pour lui, cet épisode malheureux et effroyable représente quatre ans de grandes vacances. Habitant près de la marne, il est inscrit au lycée Henri IV et déserte les cours après avoir rencontré Marthe, jeune fille de trois ans son aînée, mariée à Jacques, un soldat parti au front. L’auteur raconte cette relation passionnelle. Marthe est sincèrement amoureuse. L’auteur, plus critique et épris de liberté paraît indifférent, cynique ou jaloux. C’est un jeu d’enfants submergés par leurs émotions. L’attraction est plus forte que tout. Tourbillon de sentiments confus parfois contradictoires, les réflexions du jeune prodige troublent par sa franchise. La relation domination/soumission marche entre les deux amants et l’amour sacrifie tout. Écriture flamboyante pour un roman initiatique au parfum de scandale. Il navigue entre libertinage, puissance de l’amour et éloge de l’adultère. Paru en 1923 : cinq ans après la fin de la guerre, il choque la société bien pensante de l’époque. La mort de l’auteur devenu artiste maudit, l’année même de la publication de son livre, donne à son œuvre une dimension mythique. Résolument moderne et universel, on dira de ce roman : « C’est un livre admirable, le premier où l’on ose dire merde à la guerre ».

Pour aller encore plus loin, je vous encourage à découvrir Le blé en herbe de Colette, à relire La gloire de mon père ou Le château de ma mère aux senteurs de garrigue et aux accents chantant la Provence qui nous content les plus beaux souvenirs de vacances de Marcel Pagnol.


En espérant que cette sélection d’ouvrages sera comme une parenthèse ensoleillée, une dégustation qui aura éveillé vos sens et ravivé votre goût pour de nouvelles lectures.

Au plaisir de vous retrouver à la médiathèque.