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Patrimoine Patrimoine local et régional Les deux visages de Marie-Laure de Noailles

Les deux visages de Marie-Laure de Noailles

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Une jeune fille mince, fabuleusement riche, vivant dans un véritable musée. (André Thirion)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Laure de Noailles (1902-1970) disait : « Je suis double. A la fois Marie-Laure et la vicomtesse de Noailles ».

 
La vicomtesse de Noailles était liée à plusieurs aristocraties. Son père, Maurice Bischoffsheim (1875-1904), était membre d’une famille de la grande bourgeoisie d’affaires juive. Sa mère, Marie-Thérèse de Chevigné (1880-1963), appartenait à l’ancienne noblesse provinciale. En seconde noce, elle se mariera avec le célèbre dramaturge Francis de Croisset (1877-1937).

 

En 1923, Marie-Laure Bischoffsheim épouse le descendant d’une des plus illustres familles de la haute noblesse d’Ancien Régime, Charles de Noailles (1891-1981). A Paris, ils demeurent dans l’immense hôtel particulier de la famille Bischoffsheim. Construit vers 1880, il est situé au cœur des quartiers élégants de la capitale (11, place des Etats-Unis). Véritable musée privé, il renfermait des collections artistiques exceptionnelles composées d’objets, de meubles et de tableaux de maîtres tels que Constable, Delacroix, Géricault, Goya, Rembrandt, Rubens, Van Dyck ou Watteau. A partir des années 1920, s’y ajoutent les œuvres des principaux artistes contemporains comme Balthus, Braque, César, Chagall, Dali, Ernst, Klee, Picasso.

 

Tel est, jusqu’en 1970, le cadre d’une vie mondaine et culturelle particulièrement brillante mais déjà en décalage par rapport à l’époque. En 1964, l’écrivain Matthieu Galey note : « Nous avons tous le sentiment de vivre par effraction un inexplicable sursis des luxes passés ». La demeure de la vicomtesse de Noailles est l’ultime reflet des grands salons d’autrefois.

 

Son double, Marie-Laure, découvrait et soutenait les artistes d’avant-garde. En 1963, le dramaturge Marcel Achard écrivait : « Tous les artistes de cette époque doivent quelque chose à Marie-Laure. Elle leur a permis de s’exprimer mieux et quelquefois de s’exprimer tout court ».

 

Dès les années 1920, les Noailles deviennent les mécènes de l’avant-garde architecturale, picturale, cinématographique, musicale et littéraire – surtout du mouvement surréaliste. A Hyères, ils confient à l’architecte Robert Mallet-Stevens la construction d’une résidence de style moderne. L’édification de la villa initiale, de ses extensions et l’aménagement du site durent de 1923 à 1933. La décoration est l’œuvre d’artistes majeurs comme Louis Barillet, Pierre Chareau, Georges Djo Bourgeois ou Gabriel Guévrékian (jardin cubiste). Des personnalités marquantes y résideront notamment les écrivains Jean Cocteau et André Gide, le sculpteur Alberto Giacometti, les cinéastes Luis Bunuel et Man Ray, les musiciens Darius Milhaud et Georges Auric.

 

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Portrait de Marie-Laure de Noailles par Salvador Dali

 (© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007)

 

 

 

Richissime et provocante, Marie-Laure soutient le gouvernement de Front Populaire, en 1936, et le mouvement contestataire de mai 1968. On note l’indépendance de sa vie privée. Marie-Laure recevait les artistes modernes dans sa maison cubiste, un drapeau aux armes des Noailles signalait la présence de la vicomtesse.

 

Hyères se souvient des deux visages de Marie-Laure de Noailles.

 

 

 

 

. Marie-Laure de Noailles à la médiathèque :