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Patrimoine Patrimoine local et régional Les personnalités russes et polonaises à Hyères

Les personnalités russes et polonaises à Hyères

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Une certaine mélancolie est liée à la villégiature des personnalités russes et polonaises à Hyères. Au 19e siècle, les riches touristes anglais étaient portés par l’éclat d’un empire à son apogée, incarné par la reine Victoria. La présence des hivernants russes et polonais est marquée par le crépuscule du régime tsariste.

 

Comme les Anglais et les Allemands, ils fuient les hivers de l’Europe du Nord et appartiennent à une élite aristocratique et culturelle.

 

 

Je songe au temps où, au fond du Nord, un jour grisâtre m’entourait ; (…). Ici, l’éclat d’un ciel plus clair illumine mon front ; (…). Pour moi, mortel, quelle félicité ! Est-ce un rêve ?

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

 

En octobre 1848, l’écrivain russe Ivan Tourgueniev (1818-1883) réside à l’Hôtel d’Europe (n° 15, avenue des Îles d’Or) d’où il correspond avec la célèbre cantatrice Pauline Viardot.

 

Lev_Nikolayevich_Tolstoy_1860sA la fin de l’été et durant l’automne 1860, le romancier Léon Tolstoï est à Hyères en compagnie de sa sœur Marie et son frère Nicolas. Leur séjour a un but médical. Nicolas est tuberculeux et ses médecins pensent que la douceur du climat favorisera sa guérison. Les deux frères s’installent à la pension Sénéquier (quartier du Bon-Puits), Marie loue la villa Loche, hors de la ville. La résidence de Marie est le centre d’une intense vie mondaine, la colonie russe s’y presse. Léon Tolstoï scandalise les invités en portant la tenue traditionnelle et les sabots des paysans russes. Il poursuit sa correspondance et termine son roman Les Cosaques. La maladie de Nicolas s’aggrave. Léon Tolstoï écrit à un ami : "ce 20 septembre, il est mort, littéralement dans mes bras. Jamais rien ne m’a fait une impression pareille." Nicolas est enterré dans le vieux cimetière de la ville (actuelle école Paul Long). Dans la décennie suivant cette tragédie, malgré son désespoir, Tolstoï écrira son grand roman Guerre et Paix.

 

Durant les années 1860, deux illustres familles de l’aristocratie polonaise hivernent à Hyères : les Poniatowski et les Meleniewski. Leurs propriétés se situaient dans le quartier des Îles d’Or (avenue Jean Natte et rue Victor Hugo). Les Meleniewski étaient apparentés au romancier Honoré de Balzac. Le comte Darius Poniatowski (1806-1867) financera partiellement la construction de l’Hôtel-Dieu (ancien hôpital d’Hyères, avenue Riondet) dans lequel se trouvent sa tombe et celle de sa femme. Dans les années 1870, les personnalités russes et polonaises fréquentent régulièrement la pension Chodzko (n° 10, boulevard. Riondet). La famille Chodzko était proche du grand poète national polonais Adam Mickiewicz (1798-1855). La comtesse Sophie Tolstoï, épouse de Léon Tolstoï, et le futur écrivain Joseph Conrad (1857-1924), à son arrivée de Pologne, séjourneront dans cette pension.

 

En octobre 1893, une escadre russe mouille dans la rade de Toulon pour célébrer l’alliance récemment conclue entre la France et la Russie. La ville d’Hyères organise une mémorable réception en l’honneur de ses équipages.

 

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L'escadre russe à Toulon par Alexeï Bogoliubov

(© Musée national de la Marine - Coll. Cercle national des Armées/A. Fux)

 

La Révolution Russe de 1917 provoque la chute du régime tsariste. Ruinés, de nombreux exilés finiront leurs jours à Hyères. Le plus souvent, ils résident à la pension Beauséjour (quartier d’Orient) comme le poète Gueorgui Ivanov (1894-1958).

 

 

Des couleurs crépusculaires teintent le souvenir des personnalités russes et polonaises à Hyères.