Aucune notice dans le panier

RETROUVEZ-NOUS SUR



CONNECTEZ-VOUS

Identification

Grand Public Thématiques Le Chemin de Compostelle, pèlerinage ou chemin enchanté ?

Le Chemin de Compostelle, pèlerinage ou chemin enchanté ?

Envoyer Imprimer PDF
Index de l'article
Le Chemin de Compostelle, pèlerinage ou chemin enchanté ?
Mi Camino de Santiago (Via Podiensis et Camino del Norte)
Toutes les pages
AddThis Social Bookmark Button

Collection_du_Muse_archologique_de_Grenoble_5

 

Le pouvoir d’attraction du Chemin de Compostelle ne cesse de se confirmer et nos lecteurs qui ont eu la chance (et la volonté) de vivre cette aventure admettent tous en revenir différents, transformés, plus forts pour affronter le quotidien …

 

 

 

Voici les témoignages de deux de nos lecteurs, première expérience de Chemin pour chacun d’eux, l’envie de repartir pour Jean-Marc et pour tous les deux une envie de partager avec nous ces moments forts, parfois douloureux, toujours surprenants, faits de belles rencontres, de cadeaux inattendus, de découvertes de soi et des autres.

 

 

Stjacquescompostelle 

Carte des Chemins de Saint-Jacques

(Cliquer pour un affichage en plein écran)


Tout d'abord, le témoignage de Jean-Marc M., 53 ans,  parti le 24 avril 2011 du Puy-en-Velay, arrivé à Santiago de Compostela (Saint-Jacques de Compostelle) le 28 juin 2011. Il se disait marcheur du dimanche. Il a, à mon avis, tout au long de ce périple gagné quelques étoiles … Mais il  a durant cette aventure, aussi et  surtout, attrapé un virus commun à beaucoup de pèlerins, celui du voyage à pied. Pour preuve il est parti, pour une nouvelle aventure, le 28 avril 2012 sur la route de Sigéric qui est un des itinéraires de la Via Francigena, voie de pèlerinage médiévale, reliant Canterbury (Angleterre) à Rome. Modeste, Jean-Marc avoue « je n’ai qu’un mois devant moi, je ne pourrai marcher que 750 km sur les 1600 km de cette voie Francigena, je rallie Pavie à Rome ». Il semblerait que les pèlerins n’aient plus la même perception des distances que nous autres pauvres sédentaires ! Un an après SON chemin de Compostelle, Jean-Marc se souvient et témoigne :

 

 

 

 

 

Mon chemin de Compostelle   (Via Podiensis et Camino Frances)


 

« Je travaille depuis 30 années dans le social et depuis quelques temps montait en moi une forte envie de couper avec le quotidien (tant professionnel que personnel), de retrouver des valeurs simples et par-dessus tout j’éprouvais le besoin de m’extirper du brouhaha de ce monde hypermédiatisé, de renaître à l’essentiel. Paradoxalement c’est une phrase dans une émission télévisée « L’Odyssée de l’espèce » qui va mettre le feu aux poudres, comme une révélation de ce que je devais faire, lorsque j’entends distinctement ces paroles : « … à partir de là, l’Homme en marchant a conquis le monde ».

  

Je programme mon départ du Puy-en-Velay pour le 24 avril 2011, nous sommes alors en juillet 2010, je décide de me préparer physiquement durant les 9 mois à venir (durée symbolique d’une renaissance programmée). Tous les week-end je vais marcher, quelle que soit la météo ! Je m’habitue à mes chaussures et à mon sac à dos (qui sera bien entendu trop chargé sur le chemin, je m’en apercevrai à mes dépens).

 

Côté logistique, sur les conseils d’anciens jacquets (étymologiquement : celui qui va à Saint-Jacques), je réserve mes gîtes d’étapes sur la partie française du chemin, du Puy-en-Velay jusqu’à Saint-Jean-Pied-de Port.En Espagne les gîtes sont plus nombreux, il n’est pas nécessaire de réserver, c’est pour moi synonyme de liberté et d’aventure. Je me procurerai la Crédential au Puy-en-Velay, c’est elle qui accréditera ma condition de pèlerin et me permettra d’accéder aux gîtes en Espagne.

  

J’ai 2 mois  devant moi et 1588 kmà parcourir jusqu’à Compostelle, je dois programmer des étapes de 25 à 30 (et jusqu’à 40 km) par jour pour être dans les temps. Pour cette grande première sur le chemin, il va falloir gérer au mieux ma condition physique, la distance parcourue chaque jour et surtout le mental. Quand on a davantage de temps devant soi c’est une autre façon de marcher, de regarder, de se poser. Comme tous les autres pèlerins je compose avec la souffrance des premiers jours avant de pouvoir apprécier pleinement cette aventure extra-ordinaire. Les paysages sublimes nous aident à avancer.

 

Pourquoi Compostelle ? Parce que pour moi c’est, avant tout, un chemin qui représente plus qu’un chemin. C’est aussi une aventure où l’on rencontre d’autres personnes qui ont la même démarche intellectuelle. Le choix de la Via Podiensis(nom latin du Puy) s’est fait sur trois critères  - logistique : nombreuses capacités d’hébergement ; historique : c’est la voie « royale » ; géographique : les paysages traversés garantissent la nouveauté pour moi qui viens du Sud.


 

800px-Pilgerausweis1

 

J’ai vécu le chemin de différentes manières, au début  de cette marche quotidienne je me sentais peu concerné par l’Eglise. Puis au fil des étapes, des paysages traversés et des visites de lieux saints, peu à peu je me suis laissé imprégner par l’état d’esprit du pèlerinage religieux. Les rencontres humaines, et elles sont nombreuses sur le chemin, révèlent ton propre caractère. L’ouverture aux autres est une des composantes de l’état de pèlerin, chacun est l’étranger (peregrinus) de l’autre, chacun a son histoire, sa motivation, ses difficultés, ses peurs  à surmonter. L’entraide, physique et morale, est primordiale. Nous faisons tous, aussi, un travail sur l’humilité devant l’immensité qui s’ouvre devant nous et que nous allons parcourir un pas après l’autre.

 

J’ai expérimenté que l’on marche surtout avec sa tête et qu’un entraînement physique n’est pas le seul ingrédient nécessaire à cette aventure. Je suis sidéré par la capacité d’endurance du corps humain et par la capacité de récupération de notre organisme. Avant le départ j’avais entendu dire « Bien souvent on commence randonneur, on finit pèlerin », ce fut le cas !

 

Je sais maintenant que Compostelle n’est jamais une fin, je dirais que « c’est une fenêtre qui s’est ouverte devant moi et qui me laisse apercevoir d’autres horizons à atteindre» Ce n’est plus une marche, cela devient au fil du chemin une démarche, une voie spirituelle la plupart du temps et pour la plupart des marcheurs. J’ai, depuis mon retour, une autre vision du monde qui m’entoure, un nouveau regard sur notre société consumériste (qui parfois nous rattrape, bien malgré nous, sur le chemin !). J’ai, surtout, une folle envie de repartir, marcher, marcher encore. Quant à mon éveil spirituel (ou religieux, j’hésite encore !) il me poursuit et je le cultive. »

 

Merci Jean-Marc pour avoir pris le temps de partager avec nous cette expérience toujours aussi fascinante. Nous savons que Jean-Marc est rentré depuis quelques jours de son pèlerinage sur la Voie Francigena. Nous espèrons avoir le plaisir de le rencontrer à nouveau et d’en apprendre plus sur cette nouvelle aventure physique et spirituelle.