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Cinémusique Coups de coeur Chico & Rita - FERNANDO TRUEBA

Chico & Rita - FERNANDO TRUEBA

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Chico_et_RitaCuba, années 50. Chico, jeune pianiste talentueux, compositeur et un brin trop séducteur, écoute les derniers airs de jazz venus d’Amérique, en rêvant de s’y faire un nom. De son côté, la belle et sauvage Rita essaie de gagner sa vie en chantant dans les clubs et bals populaires, où sa voix douce et voilée captive toute l’assistance. Des bordels de La Havane à New York, en passant par Hollywood, Paris et Las Vegas, la musique et ses rythmes latinos vont les entraîner dans une histoire d’amour passionnée, à la poursuite de leurs rêves et de leur destinée...

Chico tombe raide dingue de Rita. Déçue par ses infidélités, elle file en Amérique, accompagnée d’un producteur jaloux. Furieux contre lui-même, Chico – qui a écrit pour sa bien-aimée une chanson à son nom - erre dans cette ville révolutionnaire où Fidel Castro et le Che œuvrent dans l’ombre, cette capitale scintillante et frelatée que le cinéaste Fernando Trueba et le graphiste et peintre Javier Mariscal ont dessinée à partir de précieuses archives photographiques.

Chico et Rita sont les héros animés d’un film chaleureux, à la fois euphorisant et mélancolique, qui part de La Havane, passe par un Paris post-existentialiste, où toutes les filles ressemblent à Juliette Gréco, pour aboutir à un New York bleu métallisé où, à la poursuite de Rita, débarquent, un beau jour, Chico et Ramon, son soi-disant imprésario. Tous deux se veulent aussi enthousiastes que Gene Kelly se lançant à l’assaut du show-biz dans une scène célèbre de Chantons sous la pluie, mais ils ressembleraient plutôt aux migrants d’Elia Kazan dans America, America : de pauvres petites silhouettes glacées, réchauffées soudain par une musique échappée d’une cave où joue, au milieu de la nuit, pour ses fans encore peu nombreux, le grand Charlie Parker...

Visuellement, le film est inventif, le dessin affiche des couleurs chaudes et lumineuses. Musicalement, c’est une petite merveille : un hymne à la modernité et à la gaieté de la musique latino (même l’enterrement d’un percussionniste célèbre est transfiguré par une samba frénétique...) ; un hymne au jazz, aussi : comme le héros intègre les plus grands orchestres de l’époque, Trueba et Mariscal ont cherché des musiciens – le trompettiste Michael Philip Mossman ou le saxophoniste Jimmy Heath- capables de recréer la vitesse acrobatique de Dizzy Gillespie, ou la sensualité ouatée de Ben Webster.

Réussite totale !

 Quant à l’intrigue, elle rappelle les mélos hollywoodiens de jadis, ces histoires où les couples se quittent, se retrouvent et se quittent encore, victimes de leur orgueil puis, lorsqu’ils s’acceptent enfin tels qu’ils sont, de la traîtrise inattendue d’un ami, ultime coup du sort. Une des scènes, grandiose, où Rita, devenue reine de Broadway, puis star à Hollywood, en dépit de sa couleur de peau, brise net sa carrière en dénonçant le racisme soigneusement caché de tous les hypocrites venus l’acclamer ! On songe aux chanteuses noires de l’époque, Billie Holiday en tête, triomphant dans les palaces, lesquels, parce qu’elles étaient noires, refusaient de les loger... La gloire quitte Rita. Elle finit, sur le tard, par débusquer Chico. Mais qu’importent leurs succès ou leurs défaites... Seule compte à leurs yeux, leur quête l’un vers l’autre, sans cesse contrariée. Et cet air mélancolique qui traverse le film et le temps : la chanson que Chico avait écrite pour elle, mais que Rita ne chantera jamais... 

Chico & Rita, la bande originale, signée Bebo Valdès, est un hommage à l'âge d'or du latin jazz des années 1950. On y entend du Stravinsky version latino, des standards, mais aussi des oeuvres de Bud Powell ou Cole Porter, des as de la percussion, Chano Pozo ou Tito Puente, et des géants nommés Charlie Parker ou Dizzy Gillespie.

Au coeur du dispositif, le pianiste cubain Bebo Valdés signe onze des trente titres et interprète les partitions de Chico, un personnage inspiré par sa propre vie. Bebo doit décidément une fière chandelle au réalisateur, Fernando Trueba, qui, en 2000, avec son documentaire Calle 54, l'avait déjà mis à l'honneur après une traversée du désert. Parmi les autres musiciens, citons la vibrante chanteuse Idania Valdés, la voix de Rita, et aussi la jeune cantaora Estrella Morente, qui ajoute une exotique note flamenca.

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CentralecinémusiquefilmsCHIsorti14/11/2017

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