Le Mois du film documentaire 2013 : du 8 au 30 novembre

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BacheVivre autrement : ces chemins qui diffèrent

 

Pour la cinquième année consécutive, la médiathèque Saint-John Perse participe en novembre au « Mois du film documentaire », un événement organisé depuis 2000 par Images en bibliothèque dans toute la France.

 

 

 

Montrer comment vivent les hommes est un enjeu majeur du cinéma documentaire. La caméra questionne autrui, pose son regard ici et ailleurs, compare, distingue, apprend, et permet au spectateur de découvrir la différence, d’appréhender ce qui n’est pas lui, de suivre des voies méconnues, des chemins qui diffèrent.

 

Mais qui diffèrent de quoi ? Du chemin emprunté par la majorité, de la règle "commune" que véhicule la société. Bref, de notre norme, celle-là même qui, ailleurs, dans les yeux des papous de Nouvelle-Guinée par exemple, est la différence... Cette norme qui certainement ne sera plus la même dans quelques années, éclatée et dépassée par l'évolution des mentalités. Mais une norme qui aujourd'hui permet de réfléchir au concept du Vivre autrement et ainsi d'interroger les raisons et les conséquences de ces chemins qui diffèrent. Et le regard que nous leur portons. 
 

De la Papouasie Nouvelle-Guinée à une école de sumos de Tokyo, en passant par les poubelles des villes et les méandres d’un fleuve d’Afrique à la recherche d’une bête étrange, du secret au visible, la médiathèque Saint-John Perse vous propose, pour cette nouvelle édition du « Mois du film documentaire », une sélection de films variés dans leur fond et leur forme, qui se penchent sur d’autres modes de vie, d’autres préoccupations, d’autres façons de voir le monde. Un regard sur des existences singulières, choisies ou imposées par la société, désirées ou exigées.

 


Vendredi 08 novembre à 17h30
:Tu seras sumo de Jill Coulon (France, 2009, 1 h 23 min)

Projection en présence de la réalisatrice et suivie d'un apéritif pour l'ouverture du "Mois du film documentaire"

 

une-vie-normaleTakuya a dix-huit ans, les cheveux ébouriffés et un physique de sportif. Poussé par son père et des sponsors, il quitte aujourd’hui sa ville natale pour Tokyo où il intégrera une prestigieuse école de formation de sumos, l’écurie Oshima. Il va désormais tout partager avec les dix autres lutteurs de l’écurie : la vie en communauté, les entraînements, l’école, les sorties en ville et les compétitions. Dans son journal, il raconte ses rêves de réussite et les désillusions d’un adolescent qui découvre peu à peu la réalité du monde traditionnel des sumos.

 

 

 

Samedi 09 novembre à 15h30 : Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda (France, 2000, 1 h 18 min)

 

glaneuse1Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et « trouvailleurs ». Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d'autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c'est la glanure de notre temps. Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n'a pas d'âge. Le filmage est aussi glanage.

 


Samedi 16 novembre à 15h30 : Les invisibles de Sébastien Lifshitz (France, 2012, 1 h 55 min), projection suivie d’une rencontre avec Monique Isselé (témoin du film)

 

invisiblesDes hommes et des femmes, nés dans l'entre-deux-guerres. Ils n'ont aucun point commun sinon d'être homosexuels et d'avoir choisi de le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Ils ont aimé, lutté, désiré, fait l'amour. Aujourd'hui, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l'obligation de s'inventer une liberté pour s'épanouir. Ils n'ont eu peur de rien.

 

 

hypothese du mokele-mbembe de marie voignierSamedi 23 novembre à 15h30 : L’hypothèse du Mokélé-Mbembé de Marie Voignier(France, 2011, 1 h 18 min)

 

Au Sud-Est du Cameroun, un homme arpente la jungle et les berges boueuses des rivières depuis plusieurs années à la recherche d’un animal inconnu de la zoologie : le Mokélé-Mbembé. Les pygmées que l’explorateur rencontre au cours de ses expéditions décrivent cet animal comme une sorte de rhinocéros à queue de crocodile et à tête de serpent. Certains affirment l’avoir déjà rencontré près de la rivière. Animal mythologique ou animal réel ? L’explorateur est depuis longtemps convaincu de l’existence de cette bête. Il nous entraîne dans une quête acharnée pour trouver des traces de l’animal ou des témoignages de son existence dans un univers où le vraisemblable se mêle au légendaire, nous ramenant aux sources de la croyance et de la fiction.

 

 

euxetmoiphotosSamedi 30 novembre à 15h30 : Eux et moi de Stéphane Breton (France, 2001, 1 h 03 min)

 

Depuis quelques années, un ethnologue retourne régulièrement dans un petit village de Nouvelle-Guinée. Il parle la langue de ces gens qui se promènent nus avec leur arc, qui vivent en disputant à coups de hache des jardins à la forêt et qui ont la tête près du bonnet comme des paysans de chez nous. Il les connaît bien mais une certaine gêne subsiste entre eux. Ils semblent n'être intéressés que par sa brosse à dents, ils le prennent trop souvent pour un tiroir-caisse. Il finit par comprendre en filmant les rapports d'argent et de négociation qu'il a avec eux, que tout cela, qu'il ne voulait pas voir et dont il avait honte, est en fait ce qui les a liés à lui. Il aura fallu faire le détour par l'impureté et l'intérêt pour arriver à s'entendre. On découvre des gens qui ne sont pas plus sauvages que nos voisins de palier. On finit par oublier qu'ils vivent si loin. On regarde avec un sourire en coin l'ethnologue et ces gens qui ne l'ont pas sifflé, mettre les mains dans le cambouis d'une amitié difficile à construire.

 

 

 

Crédits photographiques : Aloest Distribution, Les Films d’Ici, Ciné Tamaris, Capricci Films, Zadig Productions.