Merce Cunningham, Lucinda Childs, Pina Bausch

Imprimer
AddThis Social Bookmark Button

pina_wenders

 Opaque, incompréhensible, élitiste, difficile d’accès...les préjugés négatifs touchant la danse contemporaine sont pléthores et tenaces. Alors que des arts tels que la musique, le cinéma, le théâtre, voire la peinture, ont été largement démocratisés, la danse souffre encore d’un déficit de lisibilité qui l’empêche de toucher pleinement un large public. Comment l’expliquer ? Peut-être s’agit-il d’une question de média. Le corps y est l’expression majeure de l’œuvre, peu de matière – décors, musique – vient s’intercaler comme s’intercale la caméra, la toile ou l'instrument de musique.

 

Le spectateur est en lien direct avec le corps du danseur, ses mouvements, sa présence, c’est à travers lui qu’il doit ressentir les émotions, capter l’événement artistique jusqu’à interroger son propre rapport au corps, sans pouvoir, le plus souvent, s’appuyer sur une trame narrative habituelle. Et pourtant, devant certaines pièces, les barrières disparaissent et les préjugés s’envolent : ce qui se passe sur scène dépasse les codes, les attentes et les grilles de lecture pour laisser place au plaisir simple d’un mouvement cherchant à la beauté.

Tout commença sûrement aux Etats-Unis où est né, en 1919, Merce Cunningham. Sans nul doute le danseur et chorégraphe le plus représentatif de la transition entre danse moderne et danse contemporaine, Cunningham proposa une oeuvre qui traversa le siècle. À travers des pièces laissant entrer le hasard et séparant la danse de la musique, il renouvela l’image de la danse dans le monde en allant creuser jusque dans ses fondements et ouvrit une brèche dans laquelle s’engouffrèrent les futurs grands noms de la danse contemporaine.

En janvier 1963, à Greenwich Village, une troupe de jeunes artistes présente à la Judson Memorial Church un « concert de danse ». Parmi eux, Lucinda Childs. La danseuse, qui est née à New York en 1940 dans une famille passionnée de musique, fait partie de l’avant-garde artistique influencée par Merce Cunningham et John Cage. Une quinzaine d’années plus tard, en 1979, sur une partition envoutante de Philip Glass et des décors de Sol LeWitt , elle joue Dance à la Brooklyn Academy of Music. Œuvre totale tant mouvement, musique, décors, effets vidéos ne font qu’un, sont indissociables, n’accompagnent pas mais produisent l’œuvre, Dance célèbre le mouvement répétitif, le magnifie par la multiplication des apparitions / disparitions des corps – la pièce est simultanément projetée sur scène avec des angles différents – et la musique, lancinante, sublime, de Philip Glass.

Au même moment, de l’autre côté de l’atlantique, en Allemagne plus précisément, une autre danseuse chorégraphe de génie fait son entrée dans l’univers de la danse contemporaine, un univers qu’elle va, elle aussi, remodeler, éclater, innover : Pina Bausch. Plus proche du théâtre – sa compagnie se nomme Tanztheater (théâtre de danse) – de part une scénographie recherchée, souvent spectaculaire, et une structure en saynètes, son travail chorégraphique s’appuie non pas sur des formes précises, mais plutôt sur l'anatomie du corps de chacun et ses possibilités. Il s’agit d’une danse faisant la part belle à l’expression des émotions profondes et des traumatismes – les danseurs étaient sollicités dans le processus de création afin de puiser dans leurs expériences personnelles – qui, bien que souvent mélancolique, touche, à travers des petits gestes anodins répétés ou l'accumulation des danseurs sur scène, une forme incontestable de grâce à nulle autre pareille.

La médiathèque vous propose de découvrir ces trois artistes incontournables à travers trois films documentaires.

 

cunninghamSur les traces de Merce Cunningham de Jean-Michel Plouchard / Paris : Injam Productions, 2009.- 1 DVD (52 min), Couleur.

 

En 60 ans de création, Merce Cunningham a révolutionné la danse en la libérant des conventions formelles du ballet. Réputé et estimé, ses spectacles font systématiquement salle comble. Qui est ce mystérieux et charismatique personnage ? Et comment a-t-il révolutionné la danse ? Ce film rend hommage à ce personnage incontournable et ambitionne de lui rendre la place essentielle qu'il occupe en France et dans la danse contemporaine. Il propose de révéler les multiples facettes de la personnalité de Merce Cunningham et ses divers apports à la danse contemporaine, et ce, à travers le regard de ceux qui ont travaillé avec lui et ceux qu'il a inspiré.

Bib. actuelleSectionLocalisationCoteSituationDate retour
CentralecinémusiqueDVD documentaires792.82 CUNdisponible
 

 

 

dance_childsPost scriptum Lucinda Childs de Patrick Bensard / Paris : Injam Productions, 2011.- 1 DVD (26 min), Couleur.

 

Trois ans après la diffusion de son premier documentaire sur Lucinda Childs, Patrick Bensard approfondit sa réflexion sur l'oeuvre et la vie de la chorégraphe américaine. En ce qui concerne le travail de Lucinda Childs proprement dit, le documentaire aborde d'une manière plus intimiste son rapport à la création. Ainsi, il s'intéresse plus particulièrement à la compagnie que Lucinda dirigeait à New York à la fin des années 70, comme aux nombreuses créations qui eurent lieu dans son loft de Broadway. La question de l'enseignement et de la transmission est également abordée notamment pour la chorégraphie Dance, le chef-d’œuvre de la chorégraphe.

Bib. actuelleSectionLocalisationCoteSituationDate retour
CentralecinémusiqueDVD documentaires792.82 CHIdisponible
 

 

 

pina-wim-wendersPina de Wim Wenders / Paris : France Télévisions Distribution, 2011.- 1 DVD (1 h 43 min), Couleur.

 

Un film porté par l'Ensemble du Tanztheater Wuppertal sur l'art singulier de la chorégraphe Pina Bausch disparue à l'été 2009. Ces images nous convient à un voyage au coeur d'une nouvelle dimension, d'abord sur la scène de ce légendaire Ensemble, puis hors du théâtre, avec les danseurs, dans la ville de Wuppertal et ses environs, alors que Pina Bausch préparait le tournage avec Wim Wenders. À la disparition de la chorégraphe, ce dernier a dû, après une période de deuil et de réflexion, reprendre entièrement la conception de son film sur et avec Pina Bausch. C'est devenu un film pour Pina Bausch. On y trouve, en plus des chorégraphies qu'ils avaient choisies ensemble (Café Muller, Le sacre du printemps, Vollmond et Kontakthof), un petit nombre d'images et de documents sonores sur sa vie. On y voit aussi, filmés à Wuppertal et dans ses environs, les membres de l'Ensemble du Tanztheater danser les souvenirs personnels qu'ils gardent du regard rigoureux, critique et bienveillant de leur grande inspiratrice.

 

Bib. actuelleSectionLocalisationCoteSituationDate retour
CentralecinémusiqueDVD documentaires792.82 BAUdisponible

 

 

Crédit photographique : Injam Productions, France Télévisions Distribution, Sally Cohn Photography ©, Wim Wenders ©