Transalpin de Vincent Jolit

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J’ai beaucoup aimé Transalpin le 5ème roman de Vincent Jolit. C’est un roman dense, très documenté où l’historique se mêle habilement à la fiction.

L’auteur nous fait voyager à travers des paysages ensanglantés, lumineux ou encore luxuriants et nous y suivons des générations de travailleurs piémontais successives.

Vincent Jolit nous convie souvent dans sa propre histoire : ses origines italiennes, sa quête de descendance au moment de l’écriture, ses souvenirs d’enfance auprès de son oncle boucher. D’où sa virtuosité à nous dévoiler les couleurs et nuances si riches et distinctes de la viande, de la chair et du sang. Couleurs et matières récurrentes sous la plume de cet auteur.

L’histoire d’amour passionnée et sensuelle de Louis et Aimée, personnages principaux du roman, va se jouer, en partie, dans un lieu singulier et méconnu. Le lecteur est guidé d’une main sûre dans l’un des deux marais salants de Hyères. Paysage familier à l’auteur puisqu’il s’agit là d’une autre facette de la presqu’île de Giens qu’il affectionne particulièrement pour y avoir grandi. Le salin, c’est ce paysage lunaire dont la splendeur, la complexité et la diversité se révèlent seulement quand on s’y intéresse. Ce sera le théâtre de la folle passion de Louis pour Aimée.

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Écrivain de la couleur et des sens en général – il l’a démontré avec brio dans Presqu’île – Vincent Jolit s’est fixé un challenge avec Transalpin : « Je voulais envisager l’écriture comme un peintre pourrait envisager la peinture. Alors que je n’avais aucune technique de peintre. Mais j’avais l’envie de créer des images, des descriptions "plastiques", quelque chose de visible. Oui, j’ai imaginé peindre pour écrire ! »

Le pari est réussi du début jusqu’à la toute fin de ce roman foisonnant de couleurs, de mises en scène picturales, de tableaux somptueusement et minutieusement décrits au point de nous les donner véritablement à voir. Tout cela pour notre plus grand plaisir. Merci pour ce roman riche et solide dans lequel s’enchevêtrent l’amour, la passion, la folie, la mort, la beauté, le sacré.

La couverture du roman est de la même veine, très belle et évocatrice, mais regardez-la bien, ce ne sont pas des voiles qui apparaissent à l’horizon !

Du même auteur :

Clichy, La Martinière, 2013.
Harmonie, Harmonie, La Martinière, 2014.
Un ours qui danse, La Martinière, 2016.
Presqu’île, Fayard, 2017.

Tous disponibles à la médiathèque de Hyères.